Une partie du "Trésor de Munich" pourrait être rendue à l'octagénaire

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 11/11/2013 à 10H02
L'entrée de l'immeuble munichois où on a retrouvé 1500 oeuvres d'art (4 novembre 2013)

L'entrée de l'immeuble munichois où on a retrouvé 1500 oeuvres d'art (4 novembre 2013)

© Marc Müller / EPA / MAXPPP

Les autorités allemandes pensent qu'un bon nombre des 1.406 oeuvres, provenant en partie de purges nazies dans les musées ou de juifs spoliés, devront être rendues à l'octogénaire munichois chez qui elles ont été découvertes, affirme l'hebdomadaire Focus dimanche. Parmi les oeuvres saisies figurent plusieurs tableaux inconnus de maîtres, comme Matisse ou Otto Dix.

Selon un audit de l'Office central des douanes allemandes, parmi les dessins, aquarelles, lithographies ou peintures figurent 315 oeuvres saisies par le régime hitlérien dans des musées parce qu'elles ne respectaient pas les critères esthétiques prônés par les nazis, qui les qualifiaient d'"art dégénéré". Pour ces dessins provenant "de musées nationaux, municipaux ou régionaux", les droits des propriétaires initiaux ou de leurs héritiers "ne peuvent pas s'appliquer", estime le rapport cité par Focus. 

En revanche, pour 194 oeuvres retrouvées dans l'appartement, des documents saisis lors de la perquisition pourraient établir qu'il s'agit de pièces vendues par des collectionneurs juifs sous la pression des nazis. Pour ces oeuvres, dont les anciens propriétaires peuvent être identifiés, les chances des ayants droit d'obtenir une restitution seraient bonnes, ajoute Focus.

Cornelius Gurlitt poursuivi pour fraude fiscale et recel
Le rapport des douanes relève également qu'il "existe des doutes" sur le fait que l'octogénaire chez qui ces oeuvres ont été retrouvées, Cornelius Gurlitt, soit un jour poursuivi devant les tribunaux. La justice allemande enquête pour fraude fiscale et recel contre Gurlitt, fils d'un collectionneur allemand, Hildebrand Gurlitt, qui a aidé les nazis à écouler des tableaux à l'étranger.
Présent lors de la saisie dans son appartement à Munich, en février 2012, Gurlitt avait été ensuite remis en liberté sans contrôle judiciaire. L'hebdomadaire français Paris-Match a affirmé ce week-end avoir retrouvé sa trace dans la capitale bavaroise, dans un article accompagné d'une photo montrant un monsieur âgé en train de faire ses courses.

En Allemagne, le site internet du magazine Der Spiegel a indiqué dimanche avoir reçu une lettre de Cornelius Gurlitt, leur enjoignant de "ne plus publier (son) nom". Gurlitt semble avoir vécu pendant des années sans travailler et sans être enregistré où que ce soit administrativement en Allemagne, en vendant de temps à autre des oeuvres héritées de son père.

Le Congrès juif mondial réclame un inventaire public
Le président du Congrès juif mondial, Ronald S. Lauder, a appelé Berlin à publier un inventaire du "trésor nazi", ce qui faciliterait la tâche des ayants droits présumés, dans un entretien publié lundi. "On a gaspillé un temps précieux", a-t-il critiqué, soulignant que les possibles ayants droits ou les éventuels témoins vieillissent chaque jour davantage.
Le gouvernement allemand veut accélérer les recherches sur les ayants droits
"Nous voulons avancer bien plus rapidement qu'avant dans les recherches sur l'origine" des tableaux - dont on ignore encore la provenance -, a déclaré, lundi, le porte-parole du gouvernement allemand, Steffen Seibert. "Le gouvernement allemand comprend bien que des représentants d'organisations juives posent maintenant beaucoup de questions. Car ils représentent parfois des personnes très âgées, victimes d'injustice", a-t-il ajouté.

M.Seibert a précisé qu'avait eu lieu vendredi dernier une rencontre entre les autorités allemandes compétentes dans ce dossier. Selon lui, Berlin compte divulguer dans le courant de la semaine des détails supplémentaires sur la façon dont il compte procéder pour faire avancer la transmission de l'information aux personnes éventuellement concernées.