"Tisser Matisse" : découvrir un autre Matisse au Cateau-Cambrésis

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 17/11/2014 à 16H36
Petit fils de tisserands du Nord, Matisse a toujours été entouré de tissus et d'étoffes, son oeuvre textile est exposé deans sa ville natale la Cateau-Cambrésis

Petit fils de tisserands du Nord, Matisse a toujours été entouré de tissus et d'étoffes, son oeuvre textile est exposé deans sa ville natale la Cateau-Cambrésis

© DR / capture d'écran

L'exposition "Tisser Matisse" récemment présentée à Troyes s'installe dans la ville de naissance de l'artiste. Le musée Matisse du Cateau-Cambresis accueille jusqu'au 8 mars 2015 l'oeuvre textile du peintre. 70 peintures, dessins, papiers découpés et tapisseries sont proposées aux visiteurs.

A l'occasion du soixantième anniversaire de la disparition du peintre Henri Matisse, le musée Matisse du Cateau-Cambresis met en lumière la création textile dans l’œuvre du maître. Originaire du Nord de la France, héritier d'une famille de tisserands, le petit Henri a baigné dès son enfance dans l'univers des étoffes et des textiles, un matériau qui l'accompagne dès son jeune âge et qu'il découvre plus en profondeur lors de ses voyages au Maroc, en Océanie et à Tahiti.

Patrice Deparpe, conservateur en chef du musée départemental Matisse raconte comment est née sa première fresque "Océanie". Au départ, il s'agissait de cacher une tâche : "Cette tâche le gène et l'oiseau qu'il vient de découper, il le met sur le mur, puis il en pose un deuxième puis un autre et petit à petit, tous ces éléments vont envahir le mur" 

Reportage : A. Mery / S. Gurak / F. Duhem 

Tahiti : la rencontre avec la lumière

Lorsque Matisse part en voyage 
à Tahiti en 1930, c'est pour ressentir "le monde et les êtres". Le voyage lui rend une forme de liberté et de nouveauté, il s'imprégne des lumières et observe une nature et des couleurs inédites jusque-là. De son voyage il rapporte des tentures, des tapis, et d’autres étoffes, qui sont autant de sources d’inspiration dans lesquelles il puise un vocabulaire ornemental et des motifs géométriques. A Tahiti, il déniche des "tapas", étoffes polynésiennes au motif en damier et laisse aller son imagination vers les paysages, la flore et la faune océaniennes. Petit à petit, il se constitue un répertoire de motifs et de couleurs qui enrichiront, des années après, toute son œuvre.
Tapisserie en laine Henri Matisse, Polynésie la mer, 1948,  Collection de la ville de Beauvais

Tapisserie en laine Henri Matisse, Polynésie la mer, 1948,  Collection de la ville de Beauvais

© Succession H. Matisse
La tapisserie n'est pas à la hauteur

Il délivre aussi des cartons qu'il 
donne à réaliser à des manufactures de tapisseries, mais il est souvent déçu du résultat comme la tapisserie de "La femme au luth". L'exposition présente deux interprétations de cette huile, réalisées par les Gobelins, un travail que Matisse ne jugea pas à la hauteur de ses attentes.

"Matisse se rend compte que confier à une tierce personne la réalisation de ce qu'il a fait est un problème. La tapisserie est un problème", note Patrice Deparpe
  
"Femme au Luth" tapisserie réalisé par les ateliers des Gobelins 

"Femme au Luth" tapisserie réalisé par les ateliers des Gobelins 

© France 3 / Culturebox
Cette exposition, organisée dans le cadre du soixantième anniversaire de la disparition du peintre Henri Matisse, est réalisée par le musée d’Art moderne de Troyes et le musée départemental Matisse du Cateau-Cambrésis, avec le concours du Mobilier national, du Centre Pompidou-musée national d’Art moderne, du musée Matisse de Nice, des Archives Matisse et des héritiers Matisse. 

L’exposition qui rassemble 70 oeuvres (huiles sur toile, dessins, tapisseries) met en lumière le génie de Matisse dans une pratique artistique encore méconnue.

"TISSER MATISSE" au Musée départemental Matisse
Palais Fénelon
Place du Commandant Richez
59360 Le Cateau-Cambrésis
Du 15 novembre 2014 au 8 mars 2015