Sigmar Polke, le subversif peintre allemand au Palazzo Grassi à Venise

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 18/04/2016 à 13H57
Exposition du peintre allemand Polke au Palazzo Grassi à Venise..

Exposition du peintre allemand Polke au Palazzo Grassi à Venise..

© Mirco Toniolo/Errebi/AGF/SIPA

Au Palazzo Grassi à Venise, la Fondation Pinault célébre l'une des stars de la Biennale, le peintre allemand Sigmar Polke, ancien Lion d'Or, pour le dixième anniversaire de sa présence dans la cité des Doges. 95 oeuvres dont 16 de la collection Pinault de ce peintre allemand mort en 2010 y sont exposées jusqu'en novembre 2016.

Sigmar Polke (1941-2010) avait reçu le Lion d'or à la Biennale en1986 pour son oeuvre monumentale Athanor. "Cet héritier du romantisme allemand a joué sur l'alchimie des formes avec onirisme tout en regardant en face la réalité allemande", a expliqué Guy Tosatto, un des commissaires de l'exposition qui s'ouvre dimanche. En haut de l'escalier monumental "Polizeischwein" ("chien de policier") donne le ton. Aux côtés d'un policier allemand au visage couvert d'un masque blanc, un porc porte son képi. 
Exposition du peintre allemand Sigmar Polke au Palazzo Grassi à Venise, avril 2016

Exposition du peintre allemand Sigmar Polke au Palazzo Grassi à Venise, avril 2016

© TIZIANA FABI / AFP
Cette rétrospective montre le talent de Polke à décomposer et transformer l'image photographique, à trouver des effets de matière et des couleurs nouvelles ou à retrouver la force de couleurs anciennes comme le lapis-lazuli. Dans la bohème d'après-68, le peintre s'essaie aux drogues dures, comme le LSD, et sait aussi manier la subtilité et l'humour, y compris vis-à-vis de lui-même, dans des toiles plus apaisées. L'exposition livre de saisissants portraits, des rêves d'enfant sur une lanterne magique ou dans des figures de cirque, des messages politiques sur le mur de Berlin ou les réfugiés, à partir de photos d'actualité retravaillées. Polke, fils de "Vertriebene" (déplacés allemands en 1945), est sensible à la tragédie d'être du mauvais côté de l'Histoire.
Exposition du peintre allemand Polke au Palazzo Grassi à Venise, avril 2016

Exposition du peintre allemand Polke au Palazzo Grassi à Venise, avril 2016

© TIZIANA FABI / AFP
Le "Teatrino" de la Fondation Pinault offre aussi un auditorium de 220 places dans le Palazzo Grassi, devenu un lieu de rendez-vous culturel : plus de 330 événements y ont eu lieu depuis son ouverture en 2013. Des films de Sigmar Polke y sont présentés en marge de la rétrospective sur le peintre allemand.
Sigmar Polke, Palazzo Grassi, Venezia 2016

Une autre exposition Pinault à la Punta della Dogana

La Fondation Pinault propose une autre exposition à la Punta della Dogana (centre d'expositions ouvert en 2009) : 80 oeuvres de 29 artistes contemporains minimalistes y sont présentées sous le thème volontairement neutre de l'"Accrochage".

"Avec la couleur blanche, la transparence domine dans cette exposition, on peut percevoir comment le peu d'expression peut donner beaucoup de sens", a expliqué la commissaire de l'exposition. Pour Caroline Bourgeois, il faut que les oeuvres "s'inspirent d'un geste minimal, donnent le sens du vide et questionnent l'histoire de l'art". Quelque chose, ajoute-t-elle, qui se présente pour le visiteur "comme une page à écrire".

En dix ans, la présence de la collection Pinault à Venise est une success story avec 2,5 millions de visiteurs. La Fondation a organisé 19 expositions à Venise et présenté des oeuvres de 324 artistes. François Pinault, homme d'affaires français propriétaire d'une des plus grandes collections d'art contemporain du monde, a acquis en 2006 ce palais vénitien.

La collection Pinault à la Bourse de commerce de Paris ?

François Pinault souhaiterait installer sa collection d'art dans le bâtiment de la Bourse de commerce, aux Halles à Paris, affirment Les Echos lundi. Un choix qui n'est pas confirmé du côté de l'homme d'affaires.

Selon le quotidien, la mairie de Paris est en négociation depuis l'automne 2015 avec la Chambre de commerce et d'industrie de Paris-Ile-de-France, propriétaire de ce bâtiment du XVIIIe, pour qu'elle lui cède l'édifice. La mairie rétrocéderait ensuite la Bourse à François Pinault sous la forme d'un bail emphytéotique.