Record pour un tableau de Basquiat, vendu 110,5 millions de dollars

Par @Culturebox
Mis à jour le 20/05/2017 à 17H44, publié le 19/05/2017 à 08H58
Jean-Michel Basquiat, Untitled, 1982. Vendu aux enchères à New York, mai 2017

Jean-Michel Basquiat, Untitled, 1982. Vendu aux enchères à New York, mai 2017

© Sotheby's

Un tableau sans titre de Jean Michel Basquiat a été acheté jeudi 110,5 millions de dollars par un collectionneur japonais lors d'enchères organisées par Sotheby's à New York (Etats-Unis), un record pour le peintre new-yorkais. Basquiat est le premier artiste né après la Seconde Guerre mondiale dont un tableau a été vendu plus de 100 millions, selon Artprice.

Jean Michel Basquiat rejoint les six artistes du XXe siècle ayant dépassé le seuil de 100 millions de dollars aux enchères, un club très fermé qui compte pour membres : Picasso, Modigliani, Bacon, Giacometti, Munch et Warhol.

Achetée 19.000 dollars en 1984, "Untitled" (1982) a été revendue 5.800 fois ce montant 33 ans plus tard, souligne Thierry Ehrman, président et fondateur d'Artprice, leader mondial des banques de données sur les cotations et les indices de l'art. "Confronté à la raréfaction de l'art ancien, qui se propage peu à peu à l'art moderne, l'art contemporain devient un marqueur économique, appelé à croître de manière exponentielle", pronostique-t-il.

Ce grand tableau (1,83 m sur 1,73 m) qui représente une tête noire inquiétante sur fond bleu azur a été adjugé après plus de 10 minutes d'enchères, une durée très inhabituelle.

Peu après la vente, Sotheby's a annoncé que l'acheteur était le même que celui qui avait établi le précédent record, le collectionneur japonais Yusaku Maezawa, désormais propriétaires des deux tableaux les plus chers de Basquiat. Le milliardaire, qui a fait fortune dans le commerce de vêtements en ligne, avait dépensé 97,8 millions de dollars pour sept oeuvres lors des enchères de printemps de 2016, dont 57,2 millions pour le tableau de Jean-Michel Basquiat. 
Vente record pour un Basquiat chez Sotheby's, mai 2017

L'acheteur prêtera la toile à des musées

Yusaku Maezawa a annoncé qu'il prévoyait de présenter le tableau record de Basquiat dans le futur musée qu'il prévoit d'installer à Chiba (est du Japon), sa ville natale, et dont il sera "la pièce centrale". Le collectionneur a expliqué que dans l'attente de l'ouverture du musée, il allait accepter de prêter la toile à des musées dans le monde. "J'espère que cela donnera autant de joie aux autres qu'à moi-même, que ce chef d'oeuvre inspirera nos futures générations", a-t-il expliqué.
Jean-Michel Basquiat, Untitled, 1982. Vendu aux enchères à New York.

Jean-Michel Basquiat, Untitled, 1982. Vendu aux enchères à New York.

© Don Emmert / AFP

19.000 dollars en 1984

Jeudi, le prix de départ avait été fixé à 57 millions de dollars, soit quasiment le record pour Basquiat, qui se fit connaître sous le pseudonyme SAMO en taguant sur les murs de New York. L'enchère s'est résumée à un duel entre un acheteur dans la salle et un autre qui suivait la vente par téléphone. Le premier est allé jusqu'à 97 millions de dollars, laissant le second l'emporter avec une offre à 98 millions de dollars, auquel il faut ajouter les frais et commissions. 

La toile n'avait plus été proposée à la vente depuis sa vente en 1984 par Christie's. L'acheteur de l'époque, un collectionneur anonyme, n'avait déboursé que 19.000 dollars pour cette oeuvre datant de 1982. "C'est un sommet pour Jean-Michel, fin 1981 et début 1982. Durant ces six mois, il était complètement dans la zone. Tout ce qu'il touchait était fantastique", avait expliqué lors de la présentation du tableau Grégoire Billault, responsable de l'art contemporain chez Sotheby's à New York. Pour lui, "c'est probablement l'un des trois ou quatre meilleurs tableaux de l'artiste".

Cette vente apporte une nouvelle preuve, que près de 30 ans après sa mort d'une overdose à 27 ans, Basquiat règne aujourd'hui sur l'art contemporain. Jamais un tableau de réalisation aussi récente n'avait atteint un tel prix. 

Une nouvelle génération d'acheteurs

Une nouvelle génération d'acheteurs s'arrachent le natif de Brooklyn et il a désormais sa place dans de nombreux grands musées du monde. "Le marché de l'art, c'est aussi une histoire de goût", avait expliqué M. Billault. "Ce qui était très désiré par la génération de vos parents ne va pas être ce que vous désirez". La soirée de jeudi constituait la dernière grande vente des enchères de printemps à New York, qui ont montré que le marché de l'art se portait bien, même s'il n'avait plus la fièvre comme en 2015. "L'art est extraordinairement vivace", a commenté Oliver Barker, président de Sotheby's Europe, qui a dirigé la vente de jeudi. 

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