Première rétrospective en France du peintre danois C. W. Eckersberg

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 01/06/2016 à 16H42
Christoffer Wilhelm Eckersberg : "Vue du pont Royal et du quai Voltaire"

Christoffer Wilhelm Eckersberg : "Vue du pont Royal et du quai Voltaire"

© Ann Ronan Picture Library / Photo12

Considéré comme le père de "l'âge d'or" danois, le peintre néo-classique, élève de Jacques-Louis David, Christoffer Wilhelm Eckersberg, est exposé pour la première fois en France, à la Fondation Custodia à Paris.

Retour à Paris

La fondation privée a été crée en 1947 par deux Néerlandais, Frits Lugt et son épouse Jacoba Klever, pour rendre accessible au  public leur impressionnante collection de dessins et d'estampes. Le total de 125 œuvres, dont 72 toiles, reflètent l'éclectisme d'Eckersberg: paysages, scènes de genres ou mythologiques, marines, nus réalistes,  portraits...

Pour l'artiste, cette exposition est en fait un retour à Paris : il y a  étudié de 1810 à 1813, dont une année, décisive, dans l'atelier de Jacques-Louis David. Il habitait le même quartier que la fondation, située à  proximité de l'Assemblée nationale. Un lavis de 1811-1812 représente la Seine vue depuis la fenêtre de sa chambre.

"Eckersberg est un artiste qui commence un peu naïvement dans une atmosphère régionale à Copenhague, explique Ger Luijten, directeur de la  Fondation Custodia. Lorsqu'il vient à Paris, le monde s'agrandit pour lui. On voit bien la transformation totale de son travail par rapport à ses œuvres de  jeunesse".

Il a remporté dans son pays la médaille d'or de l'Académie royale des Beaux-Arts, une distinction lui permettant de poursuivre sa formation à l'étranger. Dans l'atelier de David, il découvre la peinture d'après modèle, nouvelle pour lui. Il retient aussi les méthodes d'enseignement de son maître, qui n'est jamais "au dessus" des élèves mais "avec" eux. Il les appliquera à son tour  lorsqu'il deviendra professeur à l'Académie de Copenhague.
Christoffer Wilhelm Eckersberg : "femme devant un miroir"

Christoffer Wilhelm Eckersberg : "femme devant un miroir"

© /AP/SIPA

Nus réalistes

Souci de la précision, sens de l'observation, analyse de la lumière, maniement virtuose de la perspective : la maîtrise d'Eckersberg saute aux yeux dès son séjour à Rome, où il poursuit sa formation pendant trois ans, après son passage chez David. Il réalise "une série de paysages romains exceptionnels", souligne Ger  Luijten. Comme "Les escaliers de marbre menant à Santa Maria in Aracoeli", ou l'étonnant "Vue à travers trois arches du Colisée", une de ses œuvres les plus célèbres.

Admirateur de David mais aussi d'Ingres, Eckersberg a également été un  portraitiste, souvent sur commande. Ainsi, "La famille Nathanson", une  composition complexe - pas moins de dix personnages - où le peintre remplit  brillamment le cahier des charges : restituer le rang social de grand marchand,  juif assimilé.

Mais pour Ger Luijten, son "chef d'oeuvre absolu" est le portrait de son  ami, le sculpteur Thorvaldsen, rencontré pendant son séjour romain.

L'une des salles saisissantes de l'exposition est sans conteste celle des nus - féminins et masculins, réalisés en un été en 1857. Destinés à être des modèles pour les élèves d'Eckersberg, pratiquement grandeur nature, ils  frappent par leur réalisme.

L'exposition s'achève par des dessins qui ont toute leur place à la  Fondation Custodia : elle compte 400 dessins danois sur les 7.000 en sa  possession (Vinci, Bruegel, Rubens, Rembrandt...). La collection comprend  également 15.000 estampes, 55.000 autographes de grands maîtres et 450  peintures.