Pourquoi les peintures "Made in China" envahissent Montmartre

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 15/07/2015 à 15H28
Les peintres de la place de Tertre

Les peintres de la place de Tertre

© Capture d'image France3/Culturebox

Le phénomène est apparu il y a quelques années mais il prend de l’ampleur. Les tableaux fabriqués en série en Chine sont désormais omniprésents dans les boutiques de souvenir et les galeries de peinture de la Butte Montmartre. Les touristes n’y voient souvent que du feu. Les peintres officiels de la place du Tertre sont dépités

Si vous allez flâner du coté de Montmartre et souhaitez ramener un souvenir de ce quartier mythique, il vous sera difficile de trouver un tableau peint par un artiste local dans les boutiques touristiques. La plupart vendent des peintures à l’huile conçues à Dafen, un village situé au sud de la Chine.

Reportage : D.Morel / N.Loncarevic /V.Jonnet 


Des toiles produites à la chaine comme des tee-shirts chinois

Le Sacré Cœur peint dans des ateliers chinois, à des milliers de kilomètres du modèle original. Nous sommes à Dafen, un village transformé depuis la fin des années 90 en une vaste machine à fabriquer des peintures. Ici, des milliers d’artistes locaux peignent à la chaine près de 60% de la reproduction mondiale de tableaux. Des toiles vendues, par lots, pour moins de 15 euros l’unité sur le site alibaba.com, une sorte d’EBay ou d’Amazon chinois. Les touristes les achèteront eux un peu plus cher dans les boutiques touristiques de Montmartre. Mais ces toiles seront toujours "meilleur marché" qu’un tableau peint par un peintre de la butte Montmartre.

Un patrimoine culturel en danger

Des toiles de Chine encore emballées dans une boutique de Montmartre

Des toiles de Chine encore emballées dans une boutique de Montmartre

© Capture d'image France3/Culturebox
Face à cette concurrence chinoise, les quelques trois cent artistes officiels de la Place du Tertre sont scandalisés. "On a un patrimoine culturel qui est en train de mourir à cause de cette forme de contrefaçon" explique l’artiste peintre Jérôme Feugueur dans le reportage que nous vous proposons. "C’est quand même déloyal par rapport à nous qui travaillons sur place", ajoute Gérard Toulouzou. Les peintres réclament depuis longtemps que ces tableaux produits en série soient estampillés "made in china" pour informer les touristes sur l’origine de la marchandise. Une demande qui a ce jour n’a pas abouti.

La place des Vosges n’y échappe pas

Selon nos confrères de l'UFC Que Choisir, la célèbre place des Vosges, haut lieu de l’art contemporain, est également concernée par l’art produit au niveau industriel. Des galeries vendraient des tableaux et des sculptures tirés à plusieurs centaines d’exemplaires. L’association des consommateurs invite les acheteurs à se montrer très prudents même dans les galeries haut de gamme.