Pays-Bas : les voleurs de tableaux condamnés à payer 18 millions d'euros

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 14/07/2014 à 15H09
Eugène Darie et Radu Dogaru (à droite), le principal accusé du vol, le 13 août 2013, à la sortie d'une audience à Bucarest (Roumanie).

Eugène Darie et Radu Dogaru (à droite), le principal accusé du vol, le 13 août 2013, à la sortie d'une audience à Bucarest (Roumanie).

© Daniel Mihailescu / AFP

Quatre Roumains reconnus coupables du vol de sept tableaux de maître aux Pays-Bas en 2012 dont un Picasso et un Gauguin, ont été condamnés lundi à payer 18,1 millions d'euros de dommages et intérêts, les tableaux demeurant introuvables.

Un tribunal de Bucarest a admis les demandes des parties civiles (assureurs) et condamné les principaux accusés du vol, Radu Dogaru, sa mère Olga, Eugen Darie et Adrian Procop à payer ensemble cette somme.
   
"Nous allons contester cette décision. Nous ne croyons pas que les tableaux volés étaient les originaux. Et de toute façon c'est au musée de payer car il a pris un risque stupide en exposant sans système de sécurité", a déclaré à Catalin Dancu, l'avocat de deux des condamnés, après cette décision.

Rappel des faits... rocambolesques

Sept toiles de maîtres appartenant à la Fondation Triton et exposées temporairement au musée Kunsthal de Rotterdam (sud-ouest des Pays-Bas) dont "Tête d'Arlequin" de Pablo Picasso, le "Waterloo Bridge" et le "Charing Cross Bridge" de Londres de Claude Monet et "Femme devant une fenêtre ouverte, dite la fiancée" de Paul Gauguin avaient été dérobés en quelques minutes dans la nuit du 15 au 16 octobre 2012.

Selon les autorités néerlandaises, les voleurs qui étaient peu férus en art mais désireux de voler des objets anciens, auraient choisi le Kunsthal par hasard. Après avoir fait une recherche "musées" sur leur GPS, ils s'étaient retrouvés au Musée d'histoire naturelle mais avaient constaté que les objets exposés "ne pouvaient pas être revendus".

C'est en sortant qu'ils étaient tombés sur une affiche annonçant une exposition exceptionnelle de 150 toiles de maîtres au Kunsthal. Malgré leur valeur (des experts avait évalué le butin jusqu'à 100 millions d'euros et le parquet à 18 millions d'euros) aucun des tableaux n'était équipé d'une alarme.

 Ils avaient ensuite été transportés cachés dans des coussins jusqu'en Roumanie où leur trace s'est perdue après une tentative infructueuse de vente. Cette vente ratée avait toutefois permis d'identifier les auteurs du délit et conduit à leur arrestation. 

Les condamnations des voleurs et complices

Radu Dogaru, un Roumain d'une trentaine d'année, a reconnu avoir commis le vol. Déjà sous le coup d'enquêtes en Roumanie pour trafic d'êtres humains et homicide, il a été condamné en appel en février à six ans de prison ferme, et Eugen Darie qui a admis avoir joué le rôle de chauffeur à cinq ans et quatre mois de prison ferme.
   
Plusieurs de leurs co-accusés qui avaient eux refusé de plaider coupable ont été condamnés lundi à des peines allant de deux ans à quatre ans de prison.
   
Olga Dogaru, la mère de Radu, a notamment écopé de deux ans de prison ferme pour complicité et détention illégale d'armes et de munitions.
   
Que sont devenues les toiles ?

Cette dernière avait créé un choc dans le monde international de l'art en affirmant avoir brûlés les tableaux dans le poêle à bois de sa salle de bains, à Carcaliu, un village de l'est de la Roumanie, une tentative désespérée de détruire les preuves.
   
Mais elle s'est depuis rétractée et le sort des toiles reste un mystère.