Odilon Redon, entre ténèbres et lumières, au Grand Palais

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 05/04/2011 à 10H09
Odilon Redon, entre ténèbres et lumières, au Grand Palais

Odilon Redon, entre ténèbres et lumières, au Grand Palais

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Précurseur de la peinture symbolique, Odilon Redon est à l'honneur au Grand Palais à Paris avec une exposition où l'univers de celui qu'on surnommait "Le Prince du rêve" se révèle à travers près de 280 oeuvres, qui vont du noir inquiétant à une débauche de couleurs lumineuses. A contempler jusqu'au 20 juin 2011 à Paris avant de retrouver l'exposition au Musée Fabre de Montpellier du 7 juillet au 16 octobre 2011.

En observant les oeuvres d'Odilon Redon, on a envie d'en percer le mystère. On se dit qu'il faut peut-être chercher dans son enfance et son parcours personnel pour trouver des indices. Car à la façon d'un Tim Burton, dont les parents avaient muré la fenêtre de  chambre pour ne lui laisser qu'un petit soupirail inaccessible... Odilon Redon est un enfant laissé complètement en charge à une nourrice dès sa naissance en 1840. Il vit dans la maison de son oncle en Gironde, souffrant semble-t-il de nombreuses crises d'épilepsie. Elles s'arrêteront après un pélerinage au sanctuaire marial de Verdalais et cette "guérison" va permettre à l'enfant de commencer sa scolarité. Il est alors âgé de 11 ans. Le dessin l'attire, il prend des cours, échoue aux Beaux-Arts de Paris, puis trouve refuge dans l'atelier du graveur Rodolphe Bresdin. Ce sera une révélation pour Redon. Il n'est pas plus doué qu'un autre, mais ce dépressif chronique va réussir à traduire ces paysages intérieurs, faits de créatures hybrides et de cyclopes, centaures et autres satyres  inspirés de la mythologie. Autre source d'inspiration, ses collègues artistes : Stéphane Mallarmé, Edgar Allan Poe, Gérard de Nerval, Goya, Gustave Moreau. Si son univers intérieur est tourmenté, sa vie quotidienne ne l'est pas. Odilon Redon a l'allure d'un bourgeois, mari fidèle d'une épouse discrète, qui lui donnera deux enfants. C'est par contre un événement familial qui explique, peut-être, en partie, le brusque passage, en 1890, du noir à la couleur : la naissance de Arï, son deuxième fils, qui vient apaiser un peu la souffrance liée à la mort en 1886 de Jean, son aîné. Les toiles se mettent à irradier de couleurs. quelques années plus tard, en 1895, il écrira au peintre Emile Bernard : "Je délaisse de plus en plus le noir. Entre nous, il m'épuisa beaucoup".

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