Obey, street artiste écolo, revisite Marianne à Paris

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 01/07/2016 à 12H13
"Liberté, Egalité, Fraternité", la Marianne républicaine revisitée par Sherpard Fairly dans le 13e arrondissement de Paris

"Liberté, Egalité, Fraternité", la Marianne républicaine revisitée par Sherpard Fairly dans le 13e arrondissement de Paris

© France 3 Culturebox

Street artiste mondialement connu et fervent militant de la cause environnementale, Shepard Fairey alias Obey est à Paris jusqu’au 30 juillet avec une exposition, "Earth Crisis" proposée à la Galerie Intinerrance (13e). Mais fidèle à sa réputation, il investit aussi les murs de la capitale avec trois fresques géantes. L’une d’elles célèbre la France à travers une Marianne revisitée.

Shepard Fairey/Obey est loin d’être un inconnu pour Les Parisiens. Durant l’hiver 2015, à l’occasion de la Cop 21, l’artiste avait suspendu une sphère géante de 8 mètres de diamètre sous la Tour Eiffel pour interpeller le public sur la santé de la Terre et la nécessité de la protéger. L’œuvre était baptisée "Earth Crisis" ("la crise de la terre").
Obey sphère sous Tour Eiffel © HARSIN ISABELLE/SIP

Six mois plus tard, l’artiste revient à Paris avec une exposition éponyme à la galerie Itinerrance dans le 13e arrondissement. Ces oeuvres, toutes déclinées dans un camaïeu de bleus, s'inspirent des mandalas auxquels Obey intégre des symboles forts de notre société de consommation (boîtes de conserves, pompe à essence...).
Expo Obey Paris Galerie Itinerrance © ISA HARSIN/SIPA
C’est dans ce même arrondissement qu’Obey a réalisé trois immenses fresques : "Dedicate Balance" au 60 rue Jeanne-d’Arc, "Liberté, égalité, fraternité", visible au 186 rue Nationale 75013 Paris, et une sur la façade de la Galerie Itinerrance au 24 bis Avenue du Général Simon.

Pour l’artiste, ces fresques urbaines restent un des meilleurs moyens d’interpeller le public et de le faire réfléchir. 

Reportage : K. Singh / S. Pichavant / M. Azor-Diawara / P. Crapoulet / O. Dumont / N. Karczinski

Merci André...

Né à Charleston aux Etats-Unis en févier 1970, Franck Shepard Fairey se fait connaître à la fin des années 80  alors qu'il est encore étudiant dans une école de design de Rhode Island. Avec des amis, il crée des autocollants et des affiches à l’effigie d’André Roussimoff, un catcheur français plus connu sous le nom d’André The Giant  alors égérie d’une pub pour une marque, Titan Sports. Shepard Fairey reprend le portrait du sportif et le surnomme "André the Giant has a Posse" ("André le Géant a une bande de potes"), inspiré des codes de la contre-culture hip-hop américaine et de la communauté de skaters. L’aventure s’arrête en 1988 quand la marque de sport entame des poursuites contre l’artiste qui revisite alors son visuel et le transforme en "Obey Giant"  (littéralement : "Obéis géant"), qui devient sa marque de fabrique, sorte de pied de nez aux dérives capitalistes. 

 Artiste et homme d'affaires

Cet état d’esprit ne l’empêche pas de garder la notion des réalités économiques. En 2003, Shepard Fairey fonde l’agence de design Studio Number One et lance même une marque de vêtement. Des activités qui lui permettent de gagner sa vie, d’être à la fois un artiste, un activiste et un homme d’affaires. Son credo pourrait s’apparenter à "j’infiltre le système pour mieux le démonter tout en l’utilisant pour diffuser mon message". 

"Earth Crisis", l'expo et le livre 

En marge de l’exposition parisienne à Galerie Itinerrance, l’artiste publie aux éditions Albin Michel un livre-objet retraçant les 25 ans de combat et d’engagement pour la planète de l’artiste. Ce livre soutient l’association France Nature Environnement, porte-parole d’un mouvement de 3 500 associations environnementales.
Affiche Obey Galerie Itinerrance © DR