"Normandie Impressionniste" : le portrait dans tous ses états

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 12/04/2016 à 13H55
L'édition 2013 du festival "Normandie Impressionniste"

L'édition 2013 du festival "Normandie Impressionniste"

© PHOTOPQR/OUEST FRANCE

Dans le cadre de la troisième édition du festival "Normandie Impressionniste", la région entière rend hommage aux peintres inscrits dans ce mouvement artistique. Pour cette nouvelle édition (se tenant du 16 avril au 26 septembre 2016), le genre du portrait est mis en lumière. Une série à suivre cette semaine sur Culturebox.

L’impressionnisme a donné naissance à une galerie de visages tout aussi différents les uns des autres. En ajoutant leur personnalité, les artistes ont aussi peint la société de leur temps. S’intéressant plus particulièrement à la question du corps, de la figure, de la famille et des amis, le festival est une plongée dans l’intimité de l’Homme, toutes époques confondues. 

Un feuilleton proposé par : V. Ducroquet / D. Meunier / O. Vincent / R. Sevestre
 

Du portrait politique au portrait intime, ils sont des témoins de la grande comme de la petite histoire.


Episode 1:  "Frits Thaulow, paysagiste par nature"

Au musée des Beaux-Arts de Caen, on retrouve Emmanuelle Delapierre. Elle est la commissaire de l’exposition "Frits Thaulow, paysagiste par nature" et directrice du musée. L’artiste honoré est un peintre norvégien du 19ème siècle. Le regard particulier qu’il porte sur la nature et le talent qu’il a pour immerger complétement le spectateur dans ses tableaux, ont fait de lui, une source d’inspiration pour ses confrères tels qu'Edvard Munch, Claude Monet ou encore Jean-Charles Cazin. Pour faire de cette immersion une expérience totalement sensorielle, Emmanuelle Delapierre a imaginé une scénographie bien particulière. Les œuvres de Thaulow seront exposées dans un espace arrondi : "Cela a été suggéré pour coller vraiment au propos de l’exposition. Frits Thaulow peignait souvent des lignes d’horizon très hautes et son point de vue se trouvait souvent au milieu d’une rivière ou d’une grande étendue. Les salles courbées permettent de rendre l’immersion dans le paysage encore plus intense", explique-t-elle. Avec l'aide de menuisiers et de peintres, l’architecte Pascal Rodriguez se met donc au travail pour exaucer les vœux architecturaux de la commissaire. 
 


Episode 2 : "Caillebotte, peintre et jardinier" 

80 guides parisiens et normands se réunissent au musée des impressionnismes de Giverny pour une visite guidée de l’exposition "Caillebotte, peintre et jardinier". L’atout charme de cette exposition est la personne même du peintre, très apprécié dans le domaine de l'impressionnisme.
Hélène Furminieux, responsable du musée et du service public, nous explique à quel point ces guides-conférenciers sont un relais précieux : "On fait une visite pour leur donner davantage d’éléments et le regard du commissaire car une exposition n’est pas juste une suite de tableaux. C’est un propos, un choix et une façon de voir le parcours d’un artiste ou une thématique donnée."
Plus tard, ces mêmes guides se serviront de leurs notes pour faire passer le message auprès du grand public. Avec plus d’un million de visiteurs, l’aura grandissante du festival est une aubaine pour les musées de Normandie. Douze circuits sont représentés dans toute la région. Leur objectif : démocratiser la culture.  
 


Episode 3 : Eugène Boudin, l'atelier de la lumière

Direction le Havre au MuMa (Musée d'art moderne André Malraux) qui accueille 300 oeuvres de l'artiste Eugène Boudin. Il s'agit d'une rétrospective complète, la première depuis 100 ans. Deux semaines avant le vernissage de l'exposition, les convoyeurs se succèdent sous les yeux de la commissaire, conservatrice en chef et directrice du MuMa, Annette Haudiquet : "On porte un projet et ses oeuvres, on ne les connaît généralement que par reproduction. Ces dernières sont beaucoup plus petites que les originales et trahissent bien souvent les peintures."  Avant d'être accrochées, il y a ce qu'on appelle le constat des oeuvres que Nathalie Bienvenu, régisseuse des expositions temporaires, nous explique plus en détail : "C'est entre le moment où l'on prête l'oeuvre et où on la reprend. C'est observer si l'état du tableau a changé ou pas durant le prêt."
L'exposition est composé des collections du MuMa mais aussi des prêts publics et privés : "Le meilleur argument pour obtenir un prêt d'oeuvres, c'est d'avoir un projet solide. L'image de notre musée et le fait qu'on soit la deuxième collection au monde en peintures de Boudin donnaient une telle légitimité à notre projet qu'on a rencontré beaucoup de bienveillance à notre égard", ajoute Annette Haudiquet. En effet, le musée d'Orsay a prêté au total une trentaine d'oeuvres. La collection du MuMa est donc mise en valeur et les peintures rassemblées permettent aux spectateurs de découvrir toutes les facettes du peintre.
 


Episode 4 : "Bretonnes" de Charles Fréger

Portraits contemporains de jeunes femmes en coiffe exposés au Musée des Beaux-Arts et de la dentelle d'Alençon jusqu'au 22 mai 2016, des danseuses celtiques qui se réunissent chaque week-end pour perpétuer la tradition : "Les tenues qu'elles portent servent à danser ou défiler. Parfois les tenues sont originelles et restaurées, parfois elles ont été fabriquées", explique l'artiste photographe Charles Fréger. Dans un esprit de tableaux photographiques, il reprend l'iconographie bretonne avec, au premier plan, un portrait frontal d'une personne et en arrière-plan une scène de vie, presque floutée par un voile de soie : "Les références et les images à l'origine de ces photos évoquent la peinture ou le dessin. Dans les oeuvres de Gauguin, on peut voir des femmes en coiffe. Ces dernières deviennent presque finalement un motif à part entière évoquant la Bretagne", ajoute le photographe. La dentelle au point d'Alençon est inscrite dans le patrimoine des savoirs immatériels de l'UNESCO. Entre respect de la tradition et souffle moderne, la commissaire Johanna Allouch explique la place du musée dans tout ça : "Le port de la coiffe se fait encore aujourd'hui. Notre établissement fait référence à cette tradition : on conserve et renouvelle à la fois l'image de la dentelle". 
 


 

Affiche de l'édition 2016 du festival "Normandie Impressionniste"

Affiche de l'édition 2016 du festival "Normandie Impressionniste"

© festival "Normandie Impressionniste"