Mettez vos pas dans ceux de Cocteau à la villa Santo Sospir

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 19/06/2015 à 14H08
Picasso, Francine Weisweiller, Mme Picasso et Cocteau à la villa Santo Sospir

Picasso, Francine Weisweiller, Mme Picasso et Cocteau à la villa Santo Sospir

© PHOTOPQR/NICE MATIN

En 1950, Jean Cocteau, invité par la riche mécène Francine Weisweiller dans sa maison de Saint-Jean-Cap-Ferrat, entreprend de "dessiner sur la peau des murs" de la villa Santo Sospir. Un lieu qui vibre encore aujourd'hui de la présence du poète…

En 1949, Jean Cocteau fait la connaissance de Francine Weisweiller sur le tournage du film "Les Enfants terribles" réalisé par Jean-Pierre Melville. Ce dernier est adapté du roman éponyme de Cocteau qui relate l’histoire d’un amour imaginaire entre un frère et une sœur. Au printemps 1950, le film terminé, Francine Weisweiller invite Cocteau à venir la rejoindre dans sa villa de Saint-Jean-Cap-Ferrat. Le poète a alors un coup de foudre immédiat pour le lieu. 

 

"Les murs blancs de la villa me crient leur silence"

 
Jean Cocteau n’a alors qu’une idée en tête, faire de Santo Sospir une "villa tatouée". Son amie Francine Weisweiller se montre tout de suite enthousiaste envers le projet. "Picasso a ouvert et fermé toutes les portes, restait de peindre sur les portes, c’est ce que j’ai essayé de faire" écrira Cocteau dans son journal intime. Pendant six mois, l’artiste peint des fresques à main levée. Pour cela, il a recours à une technique bien particulière, la fresque a tempera, mélange de poudres de couleurs et de lait cru.
 
"Le Génie du sommeil", oeuvre de Cocteau à la villa Santo Sospir

"Le Génie du sommeil", oeuvre de Cocteau à la villa Santo Sospir

© PHOTOPQR/NICE MATIN

 

L'esprit Cocteau

 

L’esprit de Jean Cocteau souffle dans chacune des pièces de la maison, du "Génie du sommeil" peint sur le plafond de l’escalier dont le visage fait penser à celui de Raymond Radiguet (écrivain et ami du poète, disparu à l’âge de 20 ans de la typhoïde) à la tête du dieu Pan qui orne la "Chambre des Boucs" (où dormait le dessinateur). Amoureux du lieu, Cocteau séjournera plusieurs mois par an à la villa jusqu’à la fin de sa vie. Il entreprendra de nouvelles œuvres telles que des mosaïques (dont celle d’Orphée) ou des tapisseries (il offrira "Judith et Holopherne" à Francine Weisweiller).
 

Reportage: O. Chartier-Delègue / J-C Routhier / F. Velten / E. El Koubi / N. Brancato

La "villa tatouée" de Jean Cocteau est tout sauf un musée. C’est un lieu intime, authentique, sur lequel plane l’âme du poète libre.
 
La villa Santo Sospir, visite tous les jours, uniquement sur rendez-vous.
Tarif : 12 euros par personne.