Marathon Edward Hopper : deux heures d'attente cette nuit

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 02/02/2013 à 11H02
Edward Hopper, Nighthawks, 1942, Chicago, The Art Institute of Chicago, Friends of American Art Collection

Edward Hopper, Nighthawks, 1942, Chicago, The Art Institute of Chicago, Friends of American Art Collection

© The Art Institute of Chicago

Plusieurs centaines de personnes piétinaient samedi à 2H00 du matin, dans un vent glacial, au cour de la première nuit du marathon Edward Hopper, dans le cadre de la grande rétrospective consacrée au peintre américain au Grand Palais, a rapporté l'AFP.


Reportage : P. Brami, Y. Dewulf, R. Carles
Jusqu'à dimanche soir, l'exposition Hopper reste ouverte pendant 62 heures sans interruption. Quarante mille visiteurs sont attendus pour cette opération sur trois jours et deux nuits, en raison du grand succès de la rétrospective, selon la Réunion des musées nationaux qui avait déjà organisédes visites de nuit pour Picasso en 2009 et Claude Monet en 2011.

A minuit, plus de 3000 visiteurs avaient été dénombrées et le Grand Palais en attendait autant d'ici le début de la matinée, samedi. Sortant de cinémas ou des restaurants des Champs-Elysées, ou venant spécialement parfois de grande banlieue pour vivre cette nocturne insolite, des personnes de toutes générations formant une file compacte d'une centaine de mètres, patientaient dans la  bonne humeur, visiblement amusés par ces horaires hors normes.

"C'est vraiment une bonne idée. Nous avons essayé de venir aux heures normales mais on a renoncé deux fois. On a sauté sur l'occasion en apprenant que le musée serait ouvert plusieurs nuits. Ils auraient d'ailleurs dû le faire plus tôt !", a confié Brigitte, une quinquagénaire parisienne venue avec son mari "après un petit dîner à la maison".

Près de 750.000 visiteurs depuis octobre
Malgré l'heure avancée de la nuit, les visiteurs jouaient presque des coudes devant les toiles les plus célèbres du peintre américain dont "Chambre à New York" (1932) ou "Gas", la station d'essence (1940). "L'enjeu est de favoriser l'accès à la culture. Ça marche pour le cinéma, le spectacle vivant mais pour les Beaux-Arts, c'est plus compliqué. Une grande exposition comme Hopper et des opérations spectaculaires comme ce marathon, permettent d'attirer des gens qui n'ont pas l'habitude de franchir la porte des musées", a souligné à l'AFP le président de la Rmn-Grand Palais, Jean-Paul Cluzel.

Selon un decompte samedi à minuit passé, quelque 746.000 visiteurs avaient visité l'exposition depuis le 10 octobre.

Un procès parodique contre Hopper
Pour pimenter la première "Nuit Hopper", le procès parodique du peintre a été organisé par la Société des Culturistes, spécialiste des simulacres judiciaires dans un esprit dadaïste. Edward Hopper était notamment poursuivi pour "atteinte à la sûreté de la modernité, espionnage de la culture française et collaboration soumise à sa femme", avec comme témoin de la défense l'écrivain et journaliste Philippe Labro et Didier Ottinger, Commissaire de la rétrospective.

"Edward Hopper est un anarchiste qui, au mépris de la modernité, a révélé à l'Amérique l'ennui métaphysique de sa civilisation", a estimé l'avocat général, suivi par le jury qui a condamné le peintre à "l'exil". "Good bye Edward Hopper ! Dans la folie d'un monde à feu et à sang, vous avez été le gardien de ce refuge silencieux et merveilleux qu'est la peinture, dernier lieu d'une beauté qui ne veut pas mourir (...) Votre exil sera le nôtre et le génie n'a pas de frontière. Il la repousse comme une interminable conquête de l'Ouest, comme l'a été votre oeuvre!", a lancé le président de ce procès potache.

Samedi soir, pour la seconde "Nuit Hopper", les visiteurs patienteront en écoutant du jazz...