Manguin le "doux fauve" exposé au Musée des Impressionnismes à Giverny

Par @Culturebox
Mis à jour le 04/08/2017 à 17H11, publié le 04/08/2017 à 17H06
Henri Manguin a beaucoup représenté sa femme Jeanne. 

Henri Manguin a beaucoup représenté sa femme Jeanne. 

© France 3 / Culturebox

Le musée des Impressionnismes de Giverny accueille jusqu'au 5 novembre une exposition sur Henri Manguin. A travers 90 tableaux réalisés avant le Salon d'automne de Paris de 1905, l'événement met à l'honneur la période fauviste du peintre où il se montre le plus inventif et créatif.

Une véritable explosion de couleurs. Voilà comment pourrait sommairement se résumer l'œuvre d'Henri Manguin. Mais ce serait occulter sa contribution dans le courant post-moderne de la peinture. Méconnu dans l'ombre des Monnet, Pissaro ou Matisse, il est l'un des précurseurs qui ont porté le fauvisme au début du XXe siècle. 

France 3 Normandie L. Aurelle / E. Lombaert / P. Cadinot

Le peintre de la joie de vivre

"Si vous ne trouvez pas le soleil en Normandie, vous le trouverez dans les salles d'exposition et les toiles du musée des impressionnistes." En 1904, Manguin, comme Matisse, passe du temps à Saint-Tropez. L'artiste est subjugué par la beauté et les couleurs éclatantes de son environnement. Profondément hédoniste, il peint ce qu'il aime : les paysages, des scènes de la vie quotidienne mais aussi des nus, où sa femme prend souvent la pose. L'exposition s'ouvre sur un autoportrait, quand bien même l'artiste était très peu introspectif. 
Il s'agit du seul auto-portrait connu de Mauguin.

Il s'agit du seul auto-portrait connu de Mauguin.

© France 3 / Culturebox

Son travail se caractérise par le peu de nuances de couleur utilisées. Au contraire, Henri Charles Mauguin présentaient des toiles "où les couleurs étaient à peine mélangées, telles qu'elles sortent du tube, sans qu'elles soient mélangées sur la palette" explique Marina Ferretti, commissaire de l'exposition. C'est la disposition d'autres couleurs qui donnent les ombres et l'impression de relief. Cette technique sera au coeur de beaucoup de polémiques lors de son apparition. 

Un Donatello chez les fauves

C'est peu dire que le Fauvisme bouleverse les courants traditionnels de la peinture. Les intellectuels de l'époque parlent d'une agression de couleurs. En 1905 lors du Salon d'Automne, les tableaux de plusieurs fauvistes se trouvent dans la même pièce qu'une sculpture. Louis Vauxcelles décrivait "un Donatello au milieu des fauves". Cette métaphore du fauve est assez usitée au début du XIXe, elle renvoie à une force humaine nouvelle, parfois violente face à un groupe conservateur ou passéiste. Ce groupe a tenté de dompter le fauve en le dénigrant.
Les paysages étaient l'un des sujets préférés de Manguin.

Les paysages étaient l'un des sujets préférés de Manguin.

© France 3 / Culturebox
Pourtant, Manguin a séduit de nombreux galeristes et collectionneurs jusqu'à la Grande Guerre. Réformé, ses toiles ne trouvent plus preneur et il tombe dans l'anonymat. L'une de ses dernières toiles est daté d'après 1949 : une petite nature morte inachevée qui représente deux pots, un plat et quelques fruits. Raymond Cogniat, critique d'art français et directeur de la galerie des Beaux-Arts à Paris dit de lui que "son grand mérite est de n'avoir pas voulu dépasser sa mesure, d'avoir su à une époque, où un jeune artiste était facilement tenté par la surenchère, garder assez de calme pour accomplir l'oeuvre qui lui convenait."
Manguin le "doux fauve" exposé au Musée des Impressionnismes à Giverny Manguin le "doux fauve" exposé au Musée des Impressionnismes à Giverny