Londres refuse de prêter un Velázquez à Paris 200 ans après Waterloo

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 30/01/2015 à 19H08
"Le porteur d'eau" de Velázquez exposé au Musée des Beaux arts de Vienne (Autriche) en octobre 2014.

"Le porteur d'eau" de Velázquez exposé au Musée des Beaux arts de Vienne (Autriche) en octobre 2014.

© Ronald Zak/AP/SIPA

Le tableau de Velázquez "Le porteur d'eau" ne sera pas montré lors de la rétrospective du peintre espagnol qui débute fin mars au Grand Palais. Deux cents ans après la bataille de Waterloo, défaite historique de Napoléon 1er face à l'armée du duc de Wellington, le Royaume-Uni a refusé de prêter à la France cette oeuvre du maître sévillan.

Alors que le Royaume-Uni célèbre en fanfare le 200e anniversaire de la bataille de Waterloo, Londres a opposé une fin de non recevoir à Paris. Le tableau de Velázquez, que le commissaire de la prochaine exposition souhaitait faire découvrir au public, ne quittera pas Apsley House, la résidence londonienne du duc de Wellington transformée en musée à sa gloire.

Argument du musée : le lieu se doit d'être à son meilleur pour célébrer le bicentenaire de Waterloo. Pourtant, rapporte Le Figaro qui a révélé cette affaire, le musée de Wellington a accepté de prêter un autre tableau de Velázquez au Musée de l'Ermitage de Saint-Pétersbourg. Selon le journal, il s'agit d'une "faveur" motivée par le fait qu'en 1815 la Russie était l'alliée de la Grande-Bretagne.

Une décision qui désole le commissaire de la rétrospective Velázquez au Grand Palais, qui débutera le 25 mars. Guillaume Kientz souhaitait en effet vivement exposer ce "très grand chef d'oeuvre" du peintre espagnol, représentative selon lui de "la vivacité" de ses premières toiles.

Après avoir essuyé un premier refus par courrier, "je suis revenu à la charge à plusieurs reprises, mais ils ont fini par opposer un non catégorique.", raconte Guillaume Kientz à francetv info. "Surpris, le conservateur confie qu'il s'agit là "du refus le plus original" de sa carrière", écrivent nos confrères.

Mais, ironie de l'histoire, le conservateur ajoute que "ce tableau aurait très bien pu se retrouver au Louvre". "En fuyant l'Espagne, Joseph Bonaparte [frère de Napoléon] avait tenté de l'emporter, mais la carriole dans laquelle se trouvait l'œuvre a versé. Lord Wellington a mis la main dessus et elle lui a été offerte par le roi d'Espagne en guise de récompense."