Les paysages et les natures mortes de Cézanne dialoguent à Madrid

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 03/02/2014 à 17H23
Paul Cézanne, Nature morte avec des fleurs et des fruits, c.1890, La Montagne Sainte-Victoire, c. 1904

Paul Cézanne, Nature morte avec des fleurs et des fruits, c.1890, La Montagne Sainte-Victoire, c. 1904

© A gauche, Staatliche Museen zu Berlin, Nationalgalerie - A droite, Cleveland Museum of Art, legs de Leonard C. Hanna Jr

Le musée Thyssen de Madrid confronte les natures mortes et les paysages de Paul Cézanne, dans la première rétrospective du peintre français en Espagne depuis une exposition du MEAC (Musée espagnol d’art contemporain) en 1984 (du 4 février au 18 mai 2014).

58 peintures de Paul Cézanne ont été prêtées par des musées du monde entier pour cette exposition qui veut mettre l’accent sur une "constante relation croisée entre l’extérieur et l’atelier", selon son commissaire, Guillermo Solana.
 
Si le paysage est très important pour Cézanne, comme pour ses amis impressionnistes (il représente la moitié de sa production), l’artiste attribue aussi une importance primordiale à la nature morte, genre d’atelier par excellence, souligne l’exposition. Et tout le long de sa carrière, il a cultivé les deux.
Paul Cézanne, Baigneurs, c.1880

Paul Cézanne, Baigneurs, c.1880

© Detroit Institute of Arts, legs de Robert H. Tannahill
 
Un va-et-vient entre dehors et l'atelier
L’exposition s’ouvre sur un "Portrait de paysan" de la collection Thyssen-Bornemisza, une des dernières œuvres de Cézanne. Représenté sur la terrasse de l’atelier, le personnage au visage indéfini se tient devant des arbres. Situé dans un espace intermédiaire, de transition, il représente à la fois l’intérieur et l’extérieur.
 
"Dans les ateliers de Cézanne, il y a beaucoup de choses tirées des  paysages, c'est comme s'il transportait les paysages à l'intérieur. Et quand il  sort à l'extérieur, il place les choses comme si elles étaient dans l'atelier", a fait remarquer Guillermo Solana lors de la présentation à la presse.
 
L’exposition s’intéresse au motif de la courbe du chemin, si fréquente dans les paysages de Cézanne, "un marcheur infatigable qui chaque jour sortait dans la campagne pour chercher de l'inspiration pour sa peinture", qui "haïssait les routes modernes, tirées au cordeau, et préférait les vieux chemins qui s'adaptent au paysage". Des chemins qui ne mènent nulle part, bloqués par les arbres ou les rochers.
Paul Cézanne, Pichet de grès, 1893-1894

Paul Cézanne, Pichet de grès, 1893-1894

© Fondation Beyeler, Riehen / Basilea, Beyeler
 
Des nappes blanches qui rappellent la montagne Sainte-Victoire
Autre thème abordé, l’imbrication des nus et des arbres, dont l’intimité fait que les uns semblent parfois surgir des autres.
 
Les ateliers de Cézanne sont remplis des échos de ses paysages. Surtout de la montagne Sainte-Victoire, protagoniste presque obsessionnelle de sa peinture, soulignent les organisateurs de l’exposition. Les nappes blanches sur lesquelles sont posés des fruits sont souvent soulevées, comme le relief de la montagne. Ils ont voulu voir un parallélisme entre les deux, notament entre la "Nature morte avec fleurs et fruits" de Berlin et la "Sainte-Victoire" de Cleveland.
 
Et une série de quatre pichets de grès sont comparés à la fameuse montagne, non parce qu’ils lui ressemblent mais dans leur façon d’être un centre autour duquel tout gravite.
 
Cézanne, Site / Non site, Musée Thyssen-BornemiszaPaseo del Prado, 8, Madrid
Du mardi au dimanche, 10h-19h, le samedi jusqu’à 21h
Tarifs : 11€ / 7€
Du 4  février au 18 mai 2014