Les œuvres du "Mystère Picasso" réalisé par H.G. Clouzot dévoilées à Niort

Par @Culturebox
Mis à jour le 12/10/2017 à 11H08, publié le 11/10/2017 à 11H05
"Le mystère Picasso" photo du tournage du film d'Henri-Georges Clouzot 

"Le mystère Picasso" photo du tournage du film d'Henri-Georges Clouzot 

© Tous droits réservés

Le musée Bernard d'Agesci de Niort, dans les Deux-Sèvres, rend hommage jusqu'au 25 février 2018 au réalisateur Henri-Georges Clouzot. L'exposition célèbre le cinéaste originaire de cette ville à travers quatre œuvres inédites de Pablo Picasso qui ont servi au film "Le mystère Picasso" sorti en 1955.

Le réalisateur Henri Georges Clouzot est mis à l'honneur à Niort, la ville qui l'a vu naître il y a 110 ans. A l'occasion de cet anniversaire, le musée d'Agesci propose une exposition en forme d'hommage. Tout l'univers du cinéaste est mis au jour avec un focus particulier sur son aspect amateur d’art. H-G Clouzot a fréquenté les artistes toute sa vie et a souvent noué des relations d’amitié avec eux, dont l’emblème reste aujourd’hui "Le Mystère Picasso".

Des photos du tournage et quatre œuvres du génie espagnol créées pour ce monument cinématographique sont à découvrir jusqu'au 25 février 2018.

Reportage : D. Laveau / S. Hamon / J. Etienne

Le film de tous les mystères

Au printemps 1955, Picasso appelle Clouzot pour lui parler de stylos feutres fabriqués aux États-Unis et qu’il vient de recevoir. Ces stylos ont la particularité d’avoir une encre capable de transpercer tout un bloc de pages, et a fortiori une toile. Le déclic s’opère, le procédé est trouvé : filmer la toile à l’envers et ainsi "assister à l’œuvre de création". 

Ainsi Clouzot filme Picasso en train de peindre sans qu'on ne puisse le voir derrière la toile. Une sorte de "Work in progress" inédit. 
"Le Mystère Picasso ne se borne pas à être un long métrage, là où l'on n’osait pas s’aventurer au-delà de 50 minutes, c'est l'unique développement de quelques-unes de ces minutes par élimination de tout élément biographique descriptif et didactique. Ainsi, Clouzot a rejeté l’atout que tout le monde aurait gardé : la variété. C'est qu’à ses yeux seule la création constituait l’élément spectaculaire authentique, c’est-à-dire cinématographique", écrira le théoricien du cinéma André Bazin. 
11 novembre 1956, Pablo Picasso et Henri-Georges Clouzot au festival de Cannes

11 novembre 1956, Pablo Picasso et Henri-Georges Clouzot au festival de Cannes

© ZUMAPRESS
Le film a été présenté au festival de Cannes de 1956, où il a reçu le Prix Spécial du Jury à l'unanimité.

Cinéaste et amateur d'art

Né en 1907 à Niort, Henri-Georges Clouzot côtoyait les figures du cinéma de l’époque (Louis Jouvet, Yves Montand, Simone Signoret ou encore Alain Resnais). Il était aussi passionné par les arts visuels et collectionnait les oeuvres d'artistes de renom Georges Braque, Jean Dubuffet, Pierre Vasarely et bien sûr Pablo Picasso. Deux autres de ses films font la part belle aux arts visuels. "L’Enfer" avec Romy Schneider et son dernier film, "La Prisonnière" qui s'apparente à un testament.
Henri-Georges Clouzot et Romy Schneider sur le tournage de "L'enfer"

Henri-Georges Clouzot et Romy Schneider sur le tournage de "L'enfer"

© MK2 Diffusion
Durant toute l'exposition du musée d'Agesci, Niort se met à l'heure H.G. Clouzot. Projections, conférences, parcours guidés, ateliers de réalisation et de dessin toute la ville rend hommage au grand cinéaste.