Les "dessins inédits" de Van Gogh sont-ils des faux ?

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 15/11/2016 à 17H00
"Le brouillard d'Arles"' (Seuil), livre qui doit paraître le 17 novembre 2016, reprenant selon l'éditeur les dessins inédits d'un carnet retrouvé de Vincent Van Gogh 

"Le brouillard d'Arles"' (Seuil), livre qui doit paraître le 17 novembre 2016, reprenant selon l'éditeur les dessins inédits d'un carnet retrouvé de Vincent Van Gogh 

© JACQUES DEMARTHON / AFP

D’après le musée Van Gogh d’Amsterdam, le carnet de 65 dessins inédits de l’artiste présenté ce mardi et qui devrait être publié jeudi par le Seuil n’aurait pas été fait de la main de Vincent Van Gogh.

"Nos experts ont donné leur avis sur l’authenticité de ces dessins, à deux reprises déjà, en 2008 et 2012", précise le musée Van Gogh d’Amsterdam par voie de communiqué. "56 de ces dessins ne peuvent pas être attribués à Van Gogh". "Ce ne sont que des imitations". Le musée a  pointé du doigt "la qualité de l'encre utilisée, le style des dessins et des erreurs topographiques".
 
Un véritable tremblement de terre pour les éditions du Seuil qui organisaient ce mardi en grande pompe une conférence de presse pour présenter "ce carnet de 65 dessins inédits de Van Gogh" et qui doit le publier jeudi en France.
Dessins Van Gogh © JACQUES DEMARTHON / AFP


Le Seuil présentait ce carnet comme composé de dessins réalisés à l’encre sur le livre de comptabilité d’un hôtel d’Arles où aurait séjourné le peintre néerlandais, avec des esquisses préparatoires à certains de ses chefs d'oeuvre comme les "Branches d'amandiers en fleurs" ou encore "Iris", ou des premiers jets pour des tableaux finalement jamais entrepris. "Un livre exceptionnel" estimait l'éditeur dans un communiqué. "La découverte la plus révolutionnaire de toute l'histoire de l'oeuvre de Van Gogh", d'après l'historien d'art Ronald Pickvance, cité dans ce même communiqué.


Le livre, signé de la spécialiste de l'oeuvre du peintre néerlandais, la Canadienne Bogomila Welsh-Ovcharov, une des commissaires de l'exposition "Van Gogh  à Paris" en 1988 au Musée d'Orsay, doit également être publié dans plusieurs autres pays comme en Allemagne, au Japon ou aux États-Unis

"Aucun doute possible"

"Instinctivement, j'ai d'abord refusé de croire à ce que j'avais sous les yeux. Mais, petit à petit, à mesure que je l'examinais de plus près, je fus subjuguée par une émotion inconnue en prenant conscience que ce que je tenais entre les mains était sans aucun doute possible une oeuvre de l'un des plus grands artistes modernes", a raconté Mme Welsh-Ovcharov lors d'une conférence de presse. Les expertises (des encres et du papier notamment) ont duré trois ans, a-t-elle dit. 

Selon Franck Baille, qui a initié l'enquête en authenticité s'est confié à nos confrères du Figaro. Selon lui, "l'encre et le papier, analysés en laboratoire, datent du XIX siècle. on pourrait aussi songer à un pasticheur contemporain ou légèrement posthume. Mais quel aurait été l'intérêt ? De son vivant, Van Gogh n'a vendu qu'une toile et aucun dessin. Son oeuvre n'a vraiment été valorisée qu'à partir des années 1920". 

En 2014, le Van Gogh dans le café anglais s'était révélé un faux. Tandis que que le "Coucher de soleil à Montmajour", longtemps considéré comme une vulgaire copie, était en réalité un vrai. Pour avoir le fin mot de l'histoire, il faudra sans doute patienter encore un peu.