Les carnets de notes de Basquiat exposés au Brooklyn Museum

Par @Nijikid Journaliste, responsable de la rubrique Rock-Electro-Rap de Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 31/03/2015 à 16H26
L'artiste new yorkais d'origine haïtienne Jean-Michel Basquiat. 

L'artiste new yorkais d'origine haïtienne Jean-Michel Basquiat. 

© Brooklyn Museum

Alors que la cote des oeuvres de Basquiat continue d'atteindre des sommets, le Brooklyn Museum expose huit de ses carnets de notes encore jamais montrés au public. Une porte d'entrée précieuse dans l'intimité et le cerveau de l'artiste américain prolifique, mort en 1988. Intitulée "Basquiat : The Unknown Notebooks", cette expositon est à voir à New York du 3 avril au 23 août 2015.

Ecriture et dessins mêlés

Né à Brooklyn en 1960 et mort d'une overdose d'héroïne 27 ans plus tard, Basquiat a produit avant et durant sa carrière météorique une œuvre phénoménale : 600 toiles, 1.500 dessins, ainsi que des sculptures et œuvres mixtes qui l'ont élevé au rang de légende de l'art contemporain, aux côtés de figures comme Warhol. 

Dans ses œuvres, les mots tiennent une large place, brouillant les lignes entre écriture et dessin. Les 160 pages des huit carnets exposés au Brooklyn Museum, jamais montrés dans une exposition, sont une plongée dans le travail préparatoire de Basquiat, dans sa pensée et dans la variété de ses préoccupations. Mais elles mettent particulièrement en lumière l'interaction entre textes et images dans son travail. 
"A Youth With Crow Syndrome" : une des pages des huit carnets de notes de Basquiat exposés au Brooklyn Museum.

"A Youth With Crow Syndrome" : une des pages des huit carnets de notes de Basquiat exposés au Brooklyn Museum.

© Brooklyn Museum
Plongée dans la pensée de l'artiste

Ces carnets, noircis entre 1980 et 1987, obeissent tous à un format spécifique. Ils sont écrits à l'encre noire et en capitales comme dans ses graffiti de rue et il utilise la couleur avec parcimonie pour les dessins et croquis. Seules les pages de droite sont occupées, l'envers étant toujours laissé blanc.

Selon le Brooklyn Museum, on trouve dans ces carnets des fragments de poèmes, des jeux de mots, des observations personnelles, concernant notamment les questions de race et de classe, de culture populaire et d'histoire, mais aussi des références littéraires et des emprunts à l'Ancien Testament, ainsi que certains signes emblématiques de ses œuvres, telles que les couronnes et les squelettes.
Dessin dans un des carnets de notes de Basquiat.

Dessin dans un des carnets de notes de Basquiat.

© Brooklyn Museum
Une trentaine d'oeuvres complètent l'exposition

Trente-deux œuvres de Basquiat en résonnance avec ces carnets, peintures, dessins et œuvres mixtes, issues de collections personnelles (en particulier celle de Larry Warsh) et de sa succession, complètent cette exposition. Ainsi que deux vidéos de Basquiat : une le montrant en train de réaliser des graffiti de rue au début des années 80 et une interview de 23 minutes.

L'exposition est accompagnée d'un catalogue dans lequel chaque page des carnets de notes est reproduite.  

En mai 2013, une œuvre de Jean-Michel Basquiat, "Dustheads" (1982) s'est vendue 48,8 millions de dollars chez Christie's, un record mondial pour l'artiste.
"Dustheads" de Basquiat, toile vendue 48,8 millions de dollars en mai 2013 chez Christie's.

"Dustheads" de Basquiat, toile vendue 48,8 millions de dollars en mai 2013 chez Christie's.

© AP/ SiPA
"Basquiat : The Unknown Notebooks" 
Exposition du 3 avril au 23 août 2015
Brooklyn Museum (New York)