"Le voyage de Matisse à Tahiti" fait escale au Musée de la Nacre de Méru

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 29/10/2014 à 14H30
Tapisserie en laine Henri Matisse, Polynésie la mer, 1948,  Collection de la ville de Beauvais à voir au Musée de la Nacre de Méru
 

Tapisserie en laine Henri Matisse, Polynésie la mer, 1948,  Collection de la ville de Beauvais à voir au Musée de la Nacre de Méru
 

© Succession H. Matisse

Jusqu'au 27 décembre, le musée de la Nacre de Méru (Oise) embarque le visiteur pour un voyage à Tahiti en compagnie du peintre Henri Matisse. Une centaine d'oeuvres illustrent la découverte de l'artiste pour ce bout du monde. De nouvelles formes et une autre lumière imprègnent alors ses dessins, tapisseries et papiers découpés.

L'exposition du musée de Méru explore le voyage que Matisse fait à Tahiti en 1930. Dessins, tapisseries et papiers découpés déclinent l’évolution de l'oeuvre de l’artiste, mais aussi l’évolution de la définition même de l’exotisme et de sa représentation.

La pause artistique de Matisse à Tahiti
 
C'est avec une grande émotion qu'Henri Matisse reçoit Tahiti. Lorsqu'il part en voyage c'est pour ressentir le monde et les êtres. Le voyage lui rend une forme de liberté et de nouveauté. Lorsque Matisse arrive à Tahiti, il se met en retrait et renonce à la peinture. Préférant adopter une démarche 
ethnographique, il s'imprégne des lumières et observe une nature et des couleurs inédites jusque là. 

Reportage : S.Crimon / JL.Croci  / F. Labigne 
L'exposition du Musée de la Nacre propose une déambulation au coeur du voyage de Matisse en polynésie avec trois étapes dans le parcours de la visite. 

L'invitation au voyage

Contrairement à Gauguin, Matisse est plus intéressé par l’espace vide et le paysage que par l’espace physique plein qui captivait le peintre des Nabis. Matisse retient du paysage tahitien la relation de la figure au fond, jusqu’à ce qu’elle se dissolve dans celui-ci et disparaisse.
Il reste trois mois à Tahiti avec pour seul compagnon un carnet de croquis. Quinze ans plus tard, son voyage en Polynésie s'inscrit dans son oeuvre sous forme de lagons, formes végétales et danseuses sensuelles. 
 " J'irai vers les îles, pour regarder sous les tropiques, la nuit et la lumière de l'aube qui ont sans doute une autre densité. La lumière du Pacifique est un gobelet d'or profond dans lequel on regarde. Je me souviens qu'à mon arrivée, ce fut décevant et puis peu à peu, c'était beau, c'était beau, c'était beau !"

La tapisserie Polynésie, la mer, prêt exceptionnel de la ville de Beauvais, constitue une étape centrale dans le travail de l'artiste. C'est lors de son voyage à Tahiti que Matisse cherche la lumière et la pureté pour développer la vivacité de la ligne.
Tapisserie en laine Henri Matisse, Polynésie la mer, 1948,  Collection de la ville de Beauvais

Tapisserie en laine Henri Matisse, Polynésie la mer, 1948,  Collection de la ville de Beauvais

© Succession H. Matisse
L’Assouplissement de la ligne

Lorsqu'il quitte la Côte d'Azur en 1930, Matisse cherche à se défaire de ses habitudes de création. "Quand on a travaillé longtemps dans le même milieu, il est utile d'arrêter à un moment donné la marche habituelle du cerveau par un voyage qui en repose certaines parties et en laisse affluer tant d'autres." dit-il.
Il revient de ce voyage avec de nouvelles lumières et de nouvelles formes, le trait s'épure et l'artiste obtient une simplification progressive de la ligne.
La Chevelure, eau-forte pour Poésies de Stéphane Mallarmé, 1932, coll. Part.

La Chevelure, eau-forte pour Poésies de Stéphane Mallarmé, 1932, coll. Part.

© Succession H. Matisse
"J’ai atteint une forme décantée jusqu’à l’essentiel" 

Quinze ans après son retour, le souvenir de Tahiti engendre une nouvelle phase créatrice chez Matisse. À partir de 1943, il travaille avec des papiers découpés qu’il épingle sur le mur afin d’expérimenter l’équilibre des formes et des couleurs et préparer l’album Jazz des papiers gouachés et découpés qu’il utilisera jusqu’à la fin de sa vie. 
"Le cirque", planche de la série "Jazz", élaboré en 1943 et pubié en 1947 est un exemple des papiers découpés que Matisse créé à la suite de son voyage à Tahiti 

"Le cirque", planche de la série "Jazz", élaboré en 1943 et pubié en 1947 est un exemple des papiers découpés que Matisse créé à la suite de son voyage à Tahiti 

© Succession H. Matisse

"Le voyage de Matisse à Tahiti" du 25.09.2014 au 27.12.2014

51, rue Roger Salengro, 60110 Méru
+33 (0)3 44 22 61 74 

 
Le Musée de la Nacre et de la Tabletterie est ouvert tous les jours sauf le Mardi de 14h30 à 18h30. 

Tarifs pour l’exposition : 3,5 euros,
gratuit pour les moins de 5 ans