Le Titien, entre recherche et perfection, exposé à Rome

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 05/03/2013 à 09H51
Le Titien, Il Concerto, 1510-1511(détail)

Le Titien, Il Concerto, 1510-1511(détail)

© Florence, Galerie Palatine du Palais Pitti

Les Ecuries du Quirinal, à Rome, exposent le Titien, son aspiration à la perfection et aussi sa volonté d’innover, dans une promenade presque chronologique à travers le parcours du peintre de Venise qui fut un des génies de la Renaissance (jusqu’au 16 juin 2013)

Les 40 tableaux présentés ont été sélectionnées pour "faire comprendre au  grand public le caractère exceptionnel du Titien" (1490-1576). Son contemporain Ludovico Dolce disait qu’il alliait "la grandeur et le côté terrible de Michel-Ange à la grâce et élégance de Raphaël et aux couleurs propres à la nature", rappelle dans sa présentation le commissaire de l’exposition Giovanni Villa.
Le Titien, Danae et la pluie d'or, 1544-1545

Le Titien, Danae et la pluie d'or, 1544-1545

© Naples, Mesée de Capodimonte, Phototèque de la Surintendance du pôle muséal de Naples
L’exposition est réalisée grâce à des prêts notamment du Palais Pitti de Florence, du Prado et du Louvre.
 
Elle s’ouvre sur deux toiles de la maturité du peintre : un autoportrait venu du Prado le montrant vieillissant, sobrement vêtu de noir. Et un "Martyre de Saint Laurent" réalisé pour l’Eglise des Jésuites de Venise, un tableau très expressif où il étudie la lumière nocturne avec une touche de son fameux rouge. Les tons ocre et bruns scandent une oeuvre rendue dramatique par une torche et le ciel qui s'ouvre sur fond d'architecture palladienne.

L’exposition se partage entre les jeunes années consacrées à la peinture religieuse, où le Titien atteint peu à peu la perfection, et les portraits de cour réalisés quand il devient le peintre favori de Charles Quint, et dans lesquels il multiplie les innovations.
Le Titien, Autoportait, 1565-15666 © Madrid, Musée national du Prado
Pour les paysages, le Titien  s'inspire de son maître Giorgione mais aussi souvent du Flamand Hieronymus Bosch. La couleur modulée par la lumière structure les formes et les volumes, les figures se détachent grâce à un contour noir. Dans la "Madone à l'enfant" (1507) au visage estompé et doux, un peu à la Léonard de Vinci, les corps se fondent dans le paysage.
 
La magnifique Crucifixion de l'Eglise des dominicains d’Ancône est particulièrement frappante avec la touche bleue du manteau de la Vierge, le dos courbé de douleur devant le corps crucifié du Christ illuminé par des éclairs.
 
A comparer à la Crucifixion de l'Escurial, tout aussi saisissante de réalisme, une vraie nouveauté pour l'époque: on y voit les veines du Christ. Certains tableaux comme L'Annonciation de 1563-1567 (Eglise de San Salvador à Venise) seront à l'époque considérés comme trop novateurs par les contemporains du Titien et redécouverts bien plus tard.
Le Titien, Maddalena, 1531-1535

Le Titien, Maddalena, 1531-1535

© Florence, Galerie Palatine du Palais Pitti
 
Même réalisme dans les portraits du pape Paul III dont le regard semble transpercer le visiteur ou de l'"Homme au gant", qui exprime inquiétude et mélancolie. Bien qu’artiste de cour, le Titien n’est pas tendre avec ses modèles, peignant par exemple le doge Francesco Venier comme un homme vieux et fatigué.
 
Les Judith, Flora et Danae ont des cheveux soyeux, une peau de porcelaine et des linges tellement réels qu’on pourrait presque les toucher.
 
Le dernier tableau est la "Punition de Marsia" où l’image se dissout en de multiples points de lumière.
 
Tiziano, Scuderie del Quirinale, Via XXIV Maggio 16, Rome
Du dimanche au jeudi : 10h-20h, vendredi et samedi : 10h-22h30
Tarifs : 12€ / 9,50€
Du 5 mars au 16 juin 2013