Le Portugal va pouvoir vendre des Miró pour renflouer ses caisses

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 29/08/2014 à 15H48
Une exposition consacrée à Joan Miró à Rome (15 mars 2012)

Une exposition consacrée à Joan Miró à Rome (15 mars 2012)

© Vincenzo Pinto / AFP

La collection de quelque 85 œuvres de l'artiste espagnol Joan Miró (1893-1983) détenue par l'État portugais ne sera finalement pas classée au patrimoine culturel. Cela qui ouvre la voie à sa vente, selon une décision publiée vendredi dans le "Journal officiel".

Saisie fin juillet par le gouvernement, la direction générale du patrimoine s'est ainsi prononcée contre un classement qui aurait rendu plus difficile la sortie des œuvres du territoire et leur vente aux enchères.

Les Miró, qui appartiennent à l'État depuis la nationalisation de la banque BPN en 2008, devaient être vendus en juin à Londres par Christie's pour renflouer les caisses du Portugal. Or, la vente avait été annulée après la décision fin avril du tribunal administratif de Lisbonne de bloquer la sortie du pays de la collection, dans le cadre d'une procédure en référé déclenchée par le ministère public "en défense du patrimoine culturel".
"Femme et oiseaux" de Joan Miró (1968) aux enchères à Londres en décembre 2013

"Femme et oiseaux" de Joan Miró (1968) aux enchères à Londres en décembre 2013

© Lefteris Pitarakis / AP / Sipa
Une vente critiquée à gauche et dans les milieux intellectuels
En février, les enchères avaient été reportées une première fois en raison de démêlés judiciaires à Lisbonne, alors que les milieux culturels et de l'opposition de gauche dénonçaient une "vente au rabais" du patrimoine du pays. Ils ont tenté des recours d'ordre juridique pour empêcher cette transaction. Une pétition a même circulé, recueillant des milliers de signatures.

Christie's a estimé la valeur globale des 85 oeuvres de Miró à plus de 30 millions de livres (36,4 millions d'euros), présentant l'ensemble comme l'"une des plus vastes et impressionnantes collections de l'artiste jamais mises aux enchères".