Le Picasso saisi en Corse transféré vers Madrid

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 11/08/2015 à 14H30
"Tête de jeune femme" de Pablo Picasso a été saisi en Corse. Son propriétaire espagnol voulait la faire passer en Suisse

"Tête de jeune femme" de Pablo Picasso a été saisi en Corse. Son propriétaire espagnol voulait la faire passer en Suisse

© Douanes françaises / AP / SIPA

Le tableau du peintre espagnol Pablo Picasso saisi par les douanes françaises sur un voilier britannique à Calvi (Haute-Corse) le 31 juillet a quitté la Corse mardi pour l'Espagne par avion sous la protection de policiers espagnols. Il va être transféré à Madrid pour y être conservé dans un musée, a indiqué la police.

Le tableau "Tête de jeune femme", estimé à 25 millions d'euros, a été transporté dans un avion affrété par la police espagnole qui a quitté Bastia peu avant 13h : des agents de l'unité de la Guardia civil en charge de la protection du patrimoine historique espagnol l'ont récupéré pour le transférer au musée d'art contemporain Reina Sofia.

"La peinture restera dans un entrepôt du musée, jusqu'à ce que l'on en sache plus sur son destin", a confirmé un porte-parole de la pinacothèque madrilène. Le musée conservera l'oeuvre le temps que la Guardia civil mène une enquête  sur la sortie du tableau hors d'Espagne.
 
Jean-Paul Mattei, l'avocat du propriétaire espagnol du tableau, le banquier Jaime Botin, qui avait voulu faire passer l'oeuvre en Suisse avant qu'elle ne fut saisie par les douanes françaises, avait auparavant annoncé avoir déposé plainte.
              
Considérée par les autorités espagnoles comme un "trésor national" inexportable, l'oeuvre était depuis conservée en Corse dans un lieu tenu secret.

Le propriétaire a déposé deux recours            

Jean-Paul Mattei, du barreau d'Ajaccio, a annoncé à la presse avoir déposé deux recours devant le premier président de la cour d'appel de Bastia.
              
Le premier recours relève de l'article 62 du code des douanes qui stipule, selon Me Mattei, que la saisie d'une oeuvre d'art de cette nature est de la compétence du premier président de la cour d'appel.
              
Me Mattei a en outre déposé une question préalable de constitutionnalité, considérant que c'est au tribunal administratif de dire si la saisie a été effectuée dans le respect de la procédure.
              
"Il est illogique que les autorités espagnoles saisissent le tableau pour la ramener en Espagne", a souligné l'avocat soulignant que "les voies de  recours viennent à peine d'être déposées et que la justice ne s'est pas encore prononcée."

L'œuvre est-elle britannique ou espagnole ?   

Jaime Botin, qui ne se trouvait pas en Corse au moment de la saisie à bord du voilier "Adix", battant pavillon britannique, avait demandé l'autorisation de transférer le tableau en Suisse par avion au départ de l'île.
              
Ses avocats soulignent que l'oeuvre achetée à Londres en 1977 et transportée en Corse depuis le port catalan de Valencia est britannique, et donc non soumise au droit espagnol.
              
Jaime Botin, qui demande depuis 2012 l'autorisation d'exporter son bien, a enregistré un refus du ministère espagnol de la Culture confirmé en mai dernier par la justice espagnole, Madrid estimant que le tableau appartient au patrimoine national.