Le musée des Beaux-arts de Berne hérite du trésor de Gurlitt

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 07/05/2014 à 18H40
Cornelius Gurlitt, ici en novembre 2013 à Munich

Cornelius Gurlitt, ici en novembre 2013 à Munich

© BABIRAD/SIPA

Le Musée des Beaux-Arts de Berne a appris mercredi avec surprise qu'il devenait le légataire universel du collectionneur allemand Cornelius Gurlitt, mort le 6 mai. C'est à son domicile qu'avaient été retrouvées il y a deux ans des centaines d'oeuvres d'art volées à des juifs sous le nazisme.

Un leg très important qui pose question
Me Christophe Edel, avocat de M.Cornélius Gurlitt, l'avocat, a annoncé dans un message écrit que son client, décédé mardi, "a institué pour légataire universel la fondation de droit privé du Musée des Beaux-Arts de Berne". Le Musée bernois s'est déclaré surpris et très étonné de ce choix et a indiqué n'avoir "jamais, à aucun moment, entretenu la moindre relation" avec le collectionneur allemand.
 
Il reconnaît encore que ce leg, dont la valeur n'a pas été avancée mais qui, selon les médias allemands, se chiffre en dizaines de millions et pourrait même atteindre un milliard d'euros, "pose toute une série de questions épineuses, notamment de nature juridique et éthique".
 
Le Musée déclare encore attendre d'avoir consulté les documents de ce legs et pris un premier contact avec les autorités compétentes, avant d'adopter "une position concrète et factuelle".
 
Retour sur l'affaire Gurlitt
L'affaire Gurlitt a éclaté en novembre 2013, avec un scoop du magazine allemand Focus, qui révélait qu'une perquisition menée 20 mois plus tôt, en 2011, chez Cornelius Gurlitt à Munich avait permis la découverte de 1.280 oeuvres d'art, présumées  avoir été volées à des juifs sous le nazisme.
 
Cet ensemble comporte des dessins et des huiles notamment signées Chagall et Matisse. Plus de 200 autres tableaux ont été trouvés dans un autre domicile, à Salzbourg en Autriche. 
 
Cornelius Gurlitt avait hérité ces oeuvres de son père, marchand d'art et ancien directeur de musée, mort en 1956. Son père, Hildebrand Gurlitt avait été laissé libre par l'armée américaine après la guerre et avait récupéré sa collection découverte à Hambourg par les Alliés.
 
L'enquête a montré que de nombreuses oeuvres avaient été décrochées des musées allemands et vendues légalement par le Reich. Une autre partie de la collection avait été acquise par la famille Gurlitt avant 1930.
 
Un accord avait été conclu par Gurlitt avant sa mort avec l'Etat allemand concernant 590 oeuvres environ, pour lesquelles les descendants des anciens propriétaires spoliés ont un an pour se faire connaître et valoir leurs droits.