Le Musée d'art moderne expose ses nouveaux Chirico

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 15/11/2011 à 14H59
Giorgio de Chirico, Tête d’animal mystérieux 1975, Musée d’Art moderne de la Ville de Paris Legs Isabella Pakszwer-de Chirico, 2011

Giorgio de Chirico, Tête d’animal mystérieux 1975, Musée d’Art moderne de la Ville de Paris Legs Isabella Pakszwer-de Chirico, 2011

© ADAGP, Paris 2011

Le Musée d'art moderne de la Ville de Paris vient d'hériter de 61 oeuvres de Giorgio de Chirico. Il les fait découvrir au public dans la présentation de ses collections permanentes (jusqu'à juillet 2012)

Près de 21 ans après la disparition d'Isabella de Chirico, l'épouse du peintre italien, un accord a enfin été trouvé entre la fondation qui s'occupe de son oeuvre et la capitale française. La Fondation Giorgio et Isa de Chirico a remis au mois d'octobre à la Ville de Paris 30 peintures, 20 dessins, et onze sculptures de l'artiste, conformément au testament de la veuve.

A sa mort, en 1990 Isabella de Chirico avait souhaité qu’un certain nombre des œuvres de son époux aillent à Paris, en raison du rôle de la ville dans l’œuvre de Giorgio de Chirico (1888-1978). Il a vécu entre 1911 et 1915 à Paris et c’est là qu’il a créé son style « métaphysique », qui a séduit l'avant-garde.

Isabella de Chirico avait désigné la Fondation Giorgio et Isa de Chirico comme légataire universel. Mais elle demandait qu’une autre fondation soit créée à Paris, pour lui donner un cinquième des œuvres en sa possession. Faute de quoi, les œuvres seraient données directement à la Ville de Paris.

Giorgio de Chirico, Antigone consolatrice, 1973, Musée d'art moderne de la Ville de Paris, Legs Isabella Pakswer-de-Chirico

Giorgio de Chirico, Antigone consolatrice, 1973, Musée d'art moderne de la Ville de Paris, Legs Isabella Pakswer-de-Chirico

© ADAGP, Paris 2011

Il aura fallu vingt ans et une longue bataille juridique pour que les œuvres franchissent les Alpes. Ca y est, elles sont installées pour quelques mois dans le parcours des collections permanentes du Musée d’art moderne. Il s’agit essentiellement de créations de la dernière période de Giorgio de Chirico, longtemps considérées comme moins intéressantes que celles de ses débuts. André Breton a même considéré que Chirico était mort comme peintre en 1918.

Dans une grande exposition, consacrée en 2009 à l'ensemble de l'oeuvre de l'artiste, le Musée d'art moderne de la Ville de Paris avait voulu réhabiliter sa dernière période, considérant qu'elle était cohérente avec le reste de son travail. Cette rétrospective avait aidé à détendre l’atmosphère avec la fondation romaine, qui a finalement accepté de donner les œuvres.

On peut donc voir pendant quelques mois les bains mystérieux des années 1971-73, les toiles tardives où Chirico reprend les thèmes de ses débuts comme la Piazza d'Italia. Et aussi des natures mortes, un autoportrait de 1949, un beau Nu assis, et de nombreux dessins.

Le Musée d'art moderne possédait déjà sept oeuvres de Giorgio de Chirico. Grâce au récent legs, ses collections deviennent le deuxième ensemble muséal d'oeuvres de sa seconde période.


Musée d'art moderne de la Ville de Paris, 11 avenue du Président Wilson, 75116 Paris, 01-53-67-40-00
du mardi au dimanche, 10h-18h
entrée libre
jusqu'à juillet 2012