Le Louvre s'offre un chef-d'oeuvre de Malouel pour 7,8 millions d'euros

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 13/01/2012 à 18H21
"Le Christ de pitié soutenu par saint Jean", nouvelle acquisition du Louvre

"Le Christ de pitié soutenu par saint Jean", nouvelle acquisition du Louvre

© DR

Un chef-d'oeuvre inédit de l'art français datant des années 1400, attribué au peintre Jean Malouel, a été acheté par le Louvre pour 7,8 millions d'euros après des années de recherches et de négociations.

Pour le musée parisien, c'est l'aboutissement d'un long travail visant à identifier l'oeuvre et à sécuriser juridiquement la transaction, a-t-on appris vendredi 13 janvier. La commune de Vic-le-Comte (Puy-de-Dôme), qui compte 4.800 habitants, va toucher 2,3 millions d'euros sur les 7,8 millions offerts par le Louvre.

Douze années de tractations
"Le Christ de pitié soutenu par Saint Jean" a été acquis après douze ans de discussions avec un brocanteur de la région Centre, a raconté Vincent Pomarède, directeur du département des peintures du Louvre. Pour lui, il s'agit de "l'acquisition majeure des cinquante dernières années pour le musée", en matière de peinture. "C'est vraiment le noyau originel de la peinture française."

Jean Malouel, né à Nimègue (actuellement aux Pays-Bas) avant 1370 et mort à Dijon en 1415, était le peintre officiel du duc de Bourgogne Philippe Le Hardi vers 1400.

Le brocanteur avait acheté cette oeuvre en 1985 au curé de Vic-le-Comte, décédé depuis, alors qu'elle était recouverte d'un vilain badigeon qui la rendait méconnaissable. Le curé avait besoin d'argent pour faire des travaux de chauffage. Il avait vendu l'oeuvre, reléguée dans un local du presbytère, pour quelques centaines de francs en même temps que d'autres objets.

Le Louvre a pris toutes les précautions
La commune aurait pu souhaiter, un jour, revendiquer la propriété de cette oeuvre. La loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat de 1905 a en effet attribué aux communes la propriété des biens garnissant les édifices du culte. Finalement, après de longues recherches juridiques, il n'a pas été trouvé de preuve que cette oeuvre appartenait au patrimoine communal de Vic. Le Louvre a cependant préféré s'entourer de précautions.

Afin d'éviter tout litige potentiel ultérieur, le vendeur a reversé une indemnité de 2,3 millions d'euros à la commune de Vic-le-Comte, sur les 7,8 millions, dans le cadre d'un protocole transactionnel. Celle-ci s'est donc engagée à renoncer à faire valoir son éventuelle propriété de l'oeuvre, en échange de l'indemnisation versée par le vendeur. En contrepartie, la commune a renoncé à faire valoir son éventuelle propriété de l'oeuvre.

"La somme va servir à réaliser nos projets sans recourir à l'emprunt comme les autres années", a indiqué à l'AFP Muriel Prunet, directrice générale des services. Le budget de la petite commune doit être établi en mars. "Les habitants viennent d'être mis au courant, c'est une excellente nouvelle", a-t-elle ajouté.

L'acquisition de l'oeuvre, classée Trésor national, par le Louvre est totalement financée par un mécène qui bénéficiera d'une importante déduction fiscale. Le Louvre n'a pas précisé pour le moment s'il s'agissait d'un particulier ou d'une entreprise.