Le collectionneur Guy Ullens vend son musée d'art contemporain de Pékin

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 01/07/2016 à 15H10
Exposition "My Personal Universe"Ullens Center for Contemporary Quartier d'art 798 pékin, Nov 2011

Exposition "My Personal Universe"Ullens Center for Contemporary Quartier d'art 798 pékin, Nov 2011

© Luo Wei / XINHUA

Le milliardaire belge Guy Ullens, l'un des principaux collectionneurs mondiaux d'art chinois contemporain, va se séparer du musée qu'il possède à Pékin, devenu l'un des centres artistiques emblématiques de la capitale, et va vendre sa collection privée, a indiqué sa fondation.

Collectionneur averti et ami de l'artiste chinois Ai Weiwei -- longtemps bête noire du régime communiste --, l'homme d'affaires a fondé en 2007 le Ullens Center for Contemporary Art (UCCA) au coeur de l'ancien quartier industriel "798", reconverti en village d'artiste dans l'est de Pékin. Le lieu, où se tiennent à la fois des expositions d'artistes chinois et internationaux, assure sur son site avoir accueilli en une décennie plus de quatre millions de visiteurs.

Ullens va vendre sa collection dans l'année

Mais dans un communiqué commun diffusé jeudi par le musée et la Guy & Myriam Ullens Foundation, le milliardaire a finalement annoncé qu'il s'apprêtait à se désengager de l'UCCA au bénéfice d'un nouveau propriétaire. Il va par ailleurs vendre plus tard dans l'année sa vaste collection d'oeuvres d'art, via des ventes privées et des enchères.

J'ai été un mécène pour les arts en Chine depuis plus de trente ans, et j'ai trouvé cette expérience immensément intéressante et fascinante"

Guy Ullens, Magnat de l'industrie alimentaire et propriétaire du "Ullens Center for Contemporary Art (UCCA)
Guy Ullens, 80 ans, est un fin connaisseur d'art asiatique, dont le père et l'oncle ont été tous deux diplomates à l'ambassade de Belgique en Chine. Des rumeurs du départ d'Ullens couraient depuis des années dans les cercles culturels pékinois, mais un responsable de relations publiques s'exprimant en son nom a assuré à l'AFP que le communiqué de jeudi représentait sa première communication officielle à ce sujet.

Marché de l'art dopé par la croissance chinoise

Le baron Ullens s'était déjà séparé ces dernières années, lors de ventes aux enchères, de plusieurs pièces de sa collection -- qui en comprendrait plus d'un millier selon des estimations. Des ventes où il établissait parfois des records : en 2013, la peinture de Zeng Fanzhi "La Cène" -- version satirique du fameux tableau de Leonard de Vinci -- a ainsi été adjugée pour 23,3 millions de dollars, un prix record pour une oeuvre d'un artiste asiatique contemporain.

Les prix des oeuvres d'art chinoises se sont envolés ces dernières années, dopés par la croissance économique et le nombre grandissant de super-riches dans le pays. Mais dans le même temps, les autorités communistes ont considérablement durci les contrôles sur la scène culturelle depuis l'arrivée du président Xi Jinping -- des restrictions qui n'épargnaient pas l'audacieuse galerie Ullens.