Lausanne : les années majorquines de Miró à l'Hermitage

Par @valerieoddos Journaliste, responsable de la rubrique Expositions de Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 18/07/2013 à 18H06
Joan Miro, Sans titre, 1968-1972, Fundació Pilar i Joan Miró, Mallorca
photo Joan Ramón Bonet & David Bonet / Courtesy Archivo
Fundació Pilar i Joan Miró a Mallorca

Joan Miro, Sans titre, 1968-1972, Fundació Pilar i Joan Miró, Mallorca
photo Joan Ramón Bonet & David Bonet / Courtesy Archivo
Fundació Pilar i Joan Miró a Mallorca

© Successió Miró / 2013, ProLitteris, Zurich

De 1956 à sa mort en 1983, Joan Mirò a vécu et travaillé à Majorque, où il avait fait construire le grand atelier de ses rêves. La Fondation de l’Hermitage, à Lausanne, présente tout l'été les œuvres de cette époque, où le style de l’artiste catalan s’est dépouillé, allant à l'essentiel. L'exposition propose 80 œuvres de la maturité, peintures, sculptures, dessins (jusqu'au 27 octobre 2013)

"Majorque est poésie et lumière", dit Mirò en 1957, d’où le titre de l’exposition de la Fondation de l’Hermitage. L’artiste catalan est né à Barcelone mais l’île est la terre d’origine de sa mère et aussi de son épouse, Pilar Juncosa. Depuis 1938, il "rêve d’un grand atelier", selon un texte publié par la Revue du XXe siècle.
 
C’est en 1956 que Joan Mirò (1893-1983) s’installe à Palma, où il a enfin fait construire un grand atelier par l’architecte Josep Luìs Sert. "Je me sens comme une plante. Voilà pourquoi je vis à Palma : mes racines sont ici. La famille de ma mère est d’ici. J’ai des racines dans cette terre", dit Mirò
Joan Miró, Sans titre, 1978, Fundació Pilar i Joan Miró, Mallorca, photo Joan Ramón Bonet & David Bonet / Courtesy Archivo Fundació Pilar i Joan Miró a Mallorca

Joan Miró, Sans titre, 1978, Fundació Pilar i Joan Miró, Mallorca, photo Joan Ramón Bonet & David Bonet / Courtesy Archivo Fundació Pilar i Joan Miró a Mallorca

© Successió Miró / 2013, ProLitteris, Zurich
 
Mirò a alors plus de 60 ans mais son inventivité ne se tarit pas. Il peut enfin travailler en paix et en silence, en contact avec la nature.
 
Il crée de grands paysages marqués par l’expressionnisme abstrait, peignant par terre dans une gestualité de plus en plus affirmée. Il utilise ses doigts pour dessiner.
Joan Miró, Femme dans la rue, 1973, Fundació Pilar i Joan Miró, Mallorca, photo Joan Ramón Bonet & David Bonet / Courtesy Archivo Fundació Pilar i Joan Miró a Mallorca

Joan Miró, Femme dans la rue, 1973, Fundació Pilar i Joan Miró, Mallorca, photo Joan Ramón Bonet & David Bonet / Courtesy Archivo Fundació Pilar i Joan Miró a Mallorca

© Successió Miró / 2013, ProLitteris, Zurich
 
Les motifs, femmes, oiseaux et empreintes de mains, dans des couleurs vives, sont simplifiés, l’iconographie devient plus abstraite. Le dépouillement ne concerne pas que les formes. Mirò l’étend à la couleur en créant des paysages en noir et blanc. Une quête de l’essentiel qui témoigne de son intérêt pour les arts orientaux et la calligraphie, qu’il a pu admirer au Japon en 1966 et 1969. Ses peintures monochromes évoquent aussi le goût pour le noir de certains expressionnistes abstraits américains.
 
Il utilise parfois des matériaux bruts et irréguliers comme le carton ondulé, le papier de verre, le contreplaqué. Les reliefs de ces supports lui rappellent ceux de la nature.
Joan Miró, Personnage, oiseaux, 1976, huile sur papier de verre, bois et clous, photo Joan Ramón Bonet & David Bonet / Courtesy Archivo Fundació Pilar i Joan Miró a Mallorca

Joan Miró, Personnage, oiseaux, 1976, huile sur papier de verre, bois et clous, photo Joan Ramón Bonet & David Bonet / Courtesy Archivo Fundació Pilar i Joan Miró a Mallorca

© Successió Miró / 2013, ProLitteris, Zurich
 
Mirò rassemble des objets hétéroclites, citrouille, poupée, bocal, soufflet, qui rappellent les objets surréalistes. Il les assemble ou les associe à des formes modelées et les moule pour en tirer des sculptures en bronze. Dans sa sculpture, on retrouve ses motifs picturaux, femme, oiseau, personnage. Sous cette forme, il les trouve moins "conventionnels". Aux objets, il ajoute des attributs humains, un col d’amphore devient "Femme".
Joan Miró, Femme, 1967, Fundació Pilar i Joan Miró, Mallorca, photo Joan Ramón Bonet & David Bonet / Courtesy Archivo Fundació Pilar i Joan Miró a Mallorca

Joan Miró, Femme, 1967, Fundació Pilar i Joan Miró, Mallorca, photo Joan Ramón Bonet & David Bonet / Courtesy Archivo Fundació Pilar i Joan Miró a Mallorca

© Successió Miró / 2013, ProLitteris, Zurich
 
L’atelier dessiné par Josep Luìs Sert a été reconstitué pour l’exposition, afin de plonger le visiteur dans son atmosphère créative. Pour nourrir son inspiration, Mirò y accumulait des objets naturels, cailloux, coquillages, des cartes postales, ou des œuvres traditionnelles venues de près ou de loin : des siurells, sifflets-statuettes majorquins en terre cuite, des kachinas (poupées) des Indiens Hopi, des masques d’Océanie.
Miró à "Son Boter" avec sa toile intitulée "Poème" (1966), encore inac

Miró à "Son Boter" avec sa toile intitulée "Poème" (1966), encore inac

© Photo Josep Planas i Montanyà
 
L’exposition comprend aussi des esquisses pour plusieurs peintures murales qui furent commandées à Mirò pour orner des espaces publics, une activité qu’il appréciait par-dessus tout.

Miró, poésie et lumière, Fondation de l'Hermitage, 2 route du Signal, Lausanne
du mardi au dimanche 10h-18h, le jeudi jusqu'à 21 h
fermé le lundi sauf le lundi du Jeûne fédéral, le 20 septembre

du 28 juin au 27 octobre
Joan Miró, Sans titre, vers 1973, Fundació Pilar i Joan Miró, Mallorca, photo Joan Ramón Bonet & David Bonet / Courtesy Archivo Fundació Pilar i Joan Miró a Mallorca

Joan Miró, Sans titre, vers 1973, Fundació Pilar i Joan Miró, Mallorca, photo Joan Ramón Bonet & David Bonet / Courtesy Archivo Fundació Pilar i Joan Miró a Mallorca

© Successió Miró / 2013, ProLitteris, Zurich