La "Bethsabée au bain" de Rembrandt retrouve les cimaises du Louvre

Par @valerieoddos Journaliste, responsable de la rubrique Expositions de Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 03/09/2014 à 16H10
Rembrandt Harmensz van Rijn, "Bethsabée au bain tenant la lettre de David (détail), 1654, après restauration, Legs du Dr Louis La Caze, 1869, Musée du Louvre, département des Peintures

Rembrandt Harmensz van Rijn, "Bethsabée au bain tenant la lettre de David (détail), 1654, après restauration, Legs du Dr Louis La Caze, 1869, Musée du Louvre, département des Peintures

© C2RMF / Pierre-Yves Duval

"La Bethsabée au bain" de Rembrandt a retrouvé sa place au Louvre, après huit mois de restauration au Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France (C2RMF), a annoncé le musée mercredi.

L'amincissement des couches récentes des vernis oxydés et salis, datant des XIXe et XXe siècles, ont rendu sa profondeur et ses contrastes au tableau, une toile peinte par l'artiste hollandais dans sa maturité, en 1654.
 
"Bethsabée tenant la lettre du roi David", entré dans les collections du Louvre grâce au legs du docteur Louis La Caze en 1869, est le plus important nu féminin grandeur nature de Rembrandt qui nous soit parvenu, indique le musée. Le seul autre qui lui soit comparable, la "Danaé" de l'Ermitage de Saint-Pétersbourg, a été vandalisé en 1985.
Rembrandt, "Bethsabée au bain tenant la lettre de David, 1654, après restauration, Legs du Dr Louis La Caze, 1869, Musée du Louvre, département des Peintures

Rembrandt, "Bethsabée au bain tenant la lettre de David, 1654, après restauration, Legs du Dr Louis La Caze, 1869, Musée du Louvre, département des Peintures

© C2RMF / Pierre-Yves Duval
 
Le vernis a été aminci
 
Le tableau du Louvre évoque une scène biblique : le roi David, voyant Bethsabée, tombe sous son charme et lui envoie une lettre.
 
La restauration du tableau avait pour but d'alléger le vernis qui, au fil de multiples restaurations, avait formé des amas irréguliers et des taches brunes qui brouillaient les zones claires, essentiellement la peau de Bethsabée, et opacifiaient les fonds sombres.
 
L'intervention a permis de "retrouver la profondeur des noirs de l'artiste, la vibration organique des ombres, l'éclat des draps dorés et des chairs", et les touches de rouge, indique un communiqué du Louvre.
 
Une correction d'orientation
 
Alors que le "Bethsabée" de Rembrandt avait la réputation d'avoir été originellement beaucoup plus grand, l'étude réalisée par le laboratoire du C2RMF, avant la restauration, permet d'affirmer qu'il n'avait qu'une quinzaine de centimètres de plus en hauteur et seulement quelques centimètres de plus sur les trois autres côtés, précise le musée.
 
Une petite correction d'orientation à l'encadrement, après restauration, a permis par ailleurs de retrouver la perspective qui avait été faussée au moment d'un rentoilage effectué au XIXe siècle pour renforcer la toile originale.
 
Le département des Peintures du Louvre, avec la collaboration du C2RMF, poursuit actuellement la restauration de la "Vénus du Pardo" de Titien. Il doit entamer bientôt celle de "La Belle Ferronnière" de Léonard de Vinci.