L'ex-Femen Oksana Shachko montre ses saints à Nevers

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 23/09/2016 à 11H50
Oksana Shachko devant ses icônes 

Oksana Shachko devant ses icônes 

© France 3 Bourgogne

Cofondatrice du mouvement des Femen, la jeune ukrainienne exilée en France Oksana Shachko milite désormais avec ses pinceaux. Revenue à ses premières amours, la peinture d'icônes, l'ex-activiste réinterprète les figures religieuses en représentant des saints très peu orthodoxes. Jusqu'au 1er octobre, elle expose ses oeuvres iconiques à la galerie Usanii et à la chapelle Saint-Sylvain de Nevers.

"Mon passé de Femen a totalement influencé mes peintures et mes idées". Réfugiée en France depuis trois ans, Oksana Shachko, 29 ans, a troqué l'activisme seins nus contre la peinture d'icônes. Un art et un savoir-faire ancestral qu'elle exerce depuis l'âge de 5 ans. 

A 8 ans, elle intègre une école de peinture spécialisée dans la production d'icônes orthodoxes, normalement réservée aux adultes, et honore ses premières commandes deux ans plus tard, en décorant des églises. 

Reportage : Sébastien Kerroux et Tania Gomès 

Des seins aux saints

Mais ses études de philosophie lui ouvrent l'esprit et la jeune ukrainienne qui rêvait d'être nonne se mue en pasionaria pour défendre les droits des femmes et la liberté d'expression. Elle devient elle-même une icône en fondant en 2008 le mouvement Femen avec deux autres militantes, Anna Hutsol et Aleksandra Shevchenko. Pendant des années, elle peint des slogans sur ses seins, devenus ses principales armes pour faire passer ses messages. 

Oksana Shachko lors de son procès à Kiev en juillet 2013 

Oksana Shachko lors de son procès à Kiev en juillet 2013 

© SERGEI SUPINSKY / AFP

Aujourd'hui, son militantisme se traduit sous une nouvelle forme. "Je crois toujours en mes convictions" confie-t-elle, "mais j'ai choisi d'autres moyens pour agir, expliquer mes idées, comme ces peintures qui ne sont pas sur mes seins. Ce serait tellement ennuyeux de peindre toute ma vie sur mes seins !" 

La Trinité d'Oksana Shachko boit et fume 

La Trinité d'Oksana Shachko boit et fume 

© Oxana Shachko

Si ses icônes sont toujours peintes dans le strict respect de la tradition picturale, elles représentent en revanche des figures religieuses largement revues et corrigées. Sa Vierge à l'enfant porte une burqa, ses saints fument, boivent et affichent parfois leur homosexualité.

La Vierge à l'enfant d'Oksana Shachko porte une burqa

La Vierge à l'enfant d'Oksana Shachko porte une burqa

© Oxana Shachko

Vous l'aurez compris, la jeune artiste réfugiée politique en France n'a pas renoncé à la liberté et à la provocation pour lutter contre les idées sexistes et totalitaires. Depuis juillet dernier, elle expose ses oeuvres à la galerie Usanii de Nevers et vient d'offrir l'un de ses diptyques au centre d'art contemporain de la chapelle Saint-Sylvain, dans la même ville.  

Exposition "Who's that girl ?" à Nevers
Galerie Usanii
27 bis rue Saint-Etienne
Chapelle Saint-Sylvain 
52 rue Mademoiselle Bourgeois