L'Europe de Rubens s'expose au Louvre-Lens

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 20/05/2013 à 15H15
Des visiteurs contemplent le tableau "Vertumme et Pomone" (1617-1619) de Rubens , au Louvre-Lens (17/5/2013)

Des visiteurs contemplent le tableau "Vertumme et Pomone" (1617-1619) de Rubens , au Louvre-Lens (17/5/2013)

© Philippe Huguen / AFP

Le peintre flamand Rubens (1577-1640), artiste, diplomate, homme de cour et de lettres, est à l'honneur au Louvre-Lens, qui lui consacre sa première exposition internationale, "L'Europe de Rubens", à partir de mercredi et jusqu'au 23 septembre.

L'exposition "va bien au-delà d'une simple réunion d'oeuvres de Rubens", explique le commissaire de l'exposition Blaise Ducos. "J'ai voulu montrer l'Europe de Rubens dans sa variété, donner des repères dans ce continent qu'est l'oeuvre de Rubens."

"Le grand propos de l'exposition, c'est de sortir Rubens du feu d'artifice baroque", poursuit Blaise Ducos, "pour montrer qu'il est l'homme d'un parti, d'un clan, d'une dynastie, d'une religion : les Habsbourg, les Espagnols essentiellement, et la religion catholique". "La Rome des papes, c'est le coeur de l'Europe de Rubens."
170 oeuvres venues de 53 musées et particuliers
Quelque 170 oeuvres, dont plus de la moitié de Rubens lui-même, prêtées par 53 musées et particuliers, sont présentées jusqu'au 23 septembre dans la galerie d'exposition temporaire du Louvre-Lens, sur quelque 1.800 mètres carrés. "Rubens est quelqu'un qui pense, qui rêve, qui peint en grand : tout se fait à une grande échelle. Dans un espace comme celui-ci, cela convient à merveille", se félicite Blaise Ducos, conservateur au département des peintures du musée du Louvre.

L'Europe de Pierre Paul Rubens est d'abord celle des cours d'Espagne, de France et d'Angleterre, des rois et des princes qui lui commandent décors et portraits. Une imposante Anne d'Autriche, reine de France, peinte en 1622, accueille le visiteur, entourée de Philippe III d'Espagne et de Marie de Médicis. Installé à Anvers, que les conservateurs de musée surnomment "le Hollywood de l'image du XVIIe siècle" selon Blaise Ducos, Rubens fait travailler plusieurs dizaines de collaborateurs dans son atelier qui produit peintures et gravures.
Autoportrait de Rubens (daté de 1628-30) exposé au Louvre-Lens, sous les yeux de premiers visiteurs (17/5/2013)

Autoportrait de Rubens (daté de 1628-30) exposé au Louvre-Lens, sous les yeux de premiers visiteurs (17/5/2013)

© Philippe Huguen / AFP
Très sollicité, Rubens "vit comme un prince"
"Rubens, c'est l'histoire d'un grand succès commercial et social", explique Blaise Ducos. Le peintre, qui pour l'essentiel réalise des commandes, "vit comme un prince", souligne-t-il. Fasciné par Michel-Ange, Rubens peint "des corps excessifs, puissants, héroïsés", analyse Blaise Ducos devant une série d'écorchés.

Intellectuel et grand voyageur
Grand voyageur, alors que la majorité de la population de l'époque naît, vit et meurt au même endroit, Rubens est aussi un intellectuel, membre de la république des lettres, qui, comme Léonard de Vinci, note ses pensées sur des carnets. Il se passionne pour le Grand Camée de France, une pierre impériale romaine, prêtée au Louvre-Lens par la Bibliothèque nationale de France, et s'attache à en découvrir le sens.

Il s'agit de la première grande exposition internationale du Louvre-Lens, qui a accueilli 500.000 visiteurs depuis son inauguration en décembre 2012. "On a des emprunts aussi bien de Los Angeles, Washington, New York que de Copenhague, Madrid, Vienne ou Paris", souligne le directeur du musée Xavier Dectot. "C'est l'occasion d'implanter intellectuellement le Louvre-Lens dans ce paysage international."