Hommage au peintre Sayed Haider Raza : une oeuvre nourrie de sagesse indienne

Par @Culturebox
Mis à jour le 23/07/2017 à 10H26, publié le 23/07/2017 à 10H24
Tableau de Sayed Haider Raza

Tableau de Sayed Haider Raza

© France 3 / Culturebox / capture d'écran

Sayed Haider Raza (1922-2016), l'amoureux de Gorbio. C'est dans les années 60 que son épouse, l'artiste française Janine Mongillat, lui fait découvrir ce petit village niché sur les hauteurs de Menton. Il y restera pendant presque 60 ans. Son oeuvre, inspirée des courants de sagesse indiens, rompt avec la peinture traditionnelle. Un an après sa disparition, la commune lui rend hommage.

Originaire d'Inde, c'est dans les années 1950 que Sayed Haider Raza arrive en France. Très vite remarqué aux Beaux-arts de Paris où il étudie, le peintre affirme son style, qui allie techniques occidentales et approche plus spirituelle propre à l'Inde. Très vite, le peintre acquiert une notoriété internationale. Voyageant aux quatre coins de la planète, Raza évolue dans un monde artistique foisonnant qui nourrit sans cesse son oeuvre. Il a façonné au fil des années un univers unique. Cette exposition-hommage revient sur l'oeuvre du "maître Raza". 

Reportage France 3 Côte d'Azur : B. Peyrano / J. Sara / J. Gross

L'émancipation de l'art indien : une peinture spirituelle

Toute sa carrière, Raza partage son temps entre Paris, Gorbio et l'Inde. Son pays a toujours gardé une place unique dans son oeuvre. S'il puise dans ses souvenirs d'enfance un imaginaire débordant, il s'inspire également des courants métaphysiques indiens. Le cercle noir, dit "bindu", est pour lui source d'énergie et de créativité. Véritable "troisième oeil" exprimant la vision intérieure, de lui naissent les formes, les couleurs mais aussi les vibrations et les énergies. 

C'est le retour à la sagesse. Après avoir vu tous les mouvements artistiques occidentaux, il va se recentrer sur l'Inde et acquérir cette plénitude qui l'amènera aux toiles blanches

Michel Imbert, historien d'art indien
Le "bindu" (point noir) dans les peintures de Raza

Le "bindu" (point noir) dans les peintures de Raza

© France 3 / Culturebox / capture d'écran

Le maître Raza entretient un rapport spirituel avec la nature et invite, par ses peintures, à une attitude contemplative. Travaillant les formes géométriques, le cercle, le "mandala" fait partie d'un équilibre global. Mais s'il s'inscrit dans une tradition indienne millénaire, il n'en est pas moins en rupture avec l'art "traditionnel". Militant pour l'émancipation de l'art indien, il créé en 1947 le "Progressive Artists Group" à Bombay". Considéré comme l'un des premiers peintres modernes, Raza était un véritable "électron libre" dans le paysage artistique mondial. 

L'amoureux de Gorbio

Quand son épouse Janine Mongillat lui fait connaitre la Côte d'Azur, c'est un véritable coup de foudre. Il restera 60 ans à Gorbio. Et même si dans les dernières années de sa vie, il se retire à Bombay, c'est bien à Gorbio que Raza a choisi de léguer une partie de son oeuvre. 
Expo dans la Tour de Lascaris

Expo dans la Tour de Lascaris

© France 3 / Culturebox / capture d'écran
C'est dans la Tour Lascaris, un édifice du XVIIIe siècle, que prend place cette exposition. Un lieu symbolique puisqu'il était accolé au jardin de la bâtisse de Raya et de son épouse. Elle est à découvrir jusqu'au 1er novembre.2017.