Feuilleton : Le Musée des Beaux-Arts de Limoges prend son envol 4/5

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 12/10/2012 à 11H50
Le Musée des Beaux-Arts de Limoges est installé dans l'ancien palais épiscopal, qui date du XVIIIème siècle.

Le Musée des Beaux-Arts de Limoges est installé dans l'ancien palais épiscopal, qui date du XVIIIème siècle.

© Auguste Renoir

C'est depuis 2010 que le Musée de Limoges est devenu "des Beaux-Arts", suite à une restructuration et une extension des locaux. Installé dans les murs de l'ancien palais épiscopal depuis 1909, il comprend une importante collection d'émaux, de porcelaines, d'antiquités égyptiennes et bien sûr de nombreux tableaux, dont des oeuvres de Courtot, des Suzanne Valadon, et de Renoir, peintre né à Limoges. Visite en images de ce bâtiment majestueux, à la renommée grandissante.

Acquis en 1991 suite à une souscription publique, le "Portrait de Marie-Zéli" d'Auguste Renoir est devenu la pièce maîtresse du Musée des Beaux-Arts de Limoges. Demandé en prêt par de nombreux musées, ce tableau voyage à travers le monde entier pour le plus grand bonheur des adeptes du peintre, et celui du musée, dont la renommée grandit à chacun de ces échanges.

Sur ce tableau l'on découvre le visage raffiné d'une jeune fille, soeur d'Emile Laporte, un jeune peintre que Renoir avait rencontré à l'Académie privée de Charles Gleyre, en même temps qu'un contemporain illustre, Claude Monet. Cette oeuvre de jeunesse n'est pas, selon les connaisseurs, typique du maître, mais l'on y trouve déjà les prémices d'une touche reconnaissable entre mille.

Tout juste revenue d'une exposition à Bâle, l'oeuvre réintègre donc sa cimaise pour y être admirée par les habitants de la ville natale de Renoir. Mais elle repartira sûrement dans peu de temps pour un autre périple, consciencieusement emballée par le conservateur du musée, fier de ce privilège.

Les émaux font également la fierté des collectionneurs du musée. Véritable spécialité de la ville, ces oeuvres fragiles et délicates sont d'abord apparues au XIIème siècle, avant de reparaître à la Renaissance, et d'à nouveau connaître le succès au temps de l'Art Déco. Et ces trois ères, dont les techniques et les motifs sont tout à fait différentes pour un oeil avisé, se cotoient dans les salles du Musée des Beaux-Arts. Malheureusement, la majeure partie des pièces datant du XIIème siècle ont été dérobé le soir du réveillon 1981... Heureusement, un ange rescapé, tout d'émail bleu vêtu, veille sur l'entrée du lieu, et sur ses trésors.

Mais le Musée des Beaux-Arts dévoile aussi des oeuvres plus récentes, comme celles de la plasticienne Corrine Gourré. Celle-ci a installé dans une des vastes salle du palais épiscopal un immense amoncellement de petits objets de la vie courante, qui assemblés forment la silhouette d'un colibri. Ce travail, intitulé Lima. Limoges, "So Schnell", parle du temps qui passe sans que l'on puisse le retenir, mais de l'espoir porté par la pensée et le langage, symbolisés chez les péruviens par ce minuscule oiseau. L'artiste s'est inspirée ici des vanités, natures mortes dirigées sur les thèmes de la mortalité et du vide, et par la cantate de Bach "So Schnell", si vite ...

Cette silhouette ornithologique fait écho à un autre projet de Corrine Gourré, qui présente dans une salle voisine son travail autour d'Etienne de Silhouette. Cet homme politique, né à Limoges, fût le contrôleur général des Finances de Louis XV et l'inventeur de l'"Impôt sur les portes et fenêtres", autrement dit le premier impôt sur les signes extérieurs de richesse... Ce qui lui valut d'être rapidement évincé, puis constamment raillé par ses contemporains, qui donnèrent d'abord son nom aux culottes sans poches incapables de garder l'argent, puis aux portraits de profil découpés, à cause de leur peu de valeur. D'où nos fameuses silhouettes !

Et pour les plus aventureux, le Musée des Beaux-Arts propose aux visiteurs des jeux de piste, pour découvrir d'une façon différente les trésors contenus dans ses murs. Des émaux aux tableaux de maître, des vestiges de l'antiquité aux masques égyptiens, l'amateur déniche ainsi des oeuvres qu'il n'aurait peut-être pas remarqué en temps habituel. Et le jeu aidant, les non-initiés pourront découvrir que le musée n'est, et ne doit pas être, un lieu réservé aux érudits.