Expressionnismes allemands à la Pinacothèque de Paris

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 16/01/2012 à 13H55
Gabriele Münter, Paysage au mur blanc, c.1910, Osthaus Museum, Hagen

Gabriele Münter, Paysage au mur blanc, c.1910, Osthaus Museum, Hagen

© Adagp Paris 2011

Au début du XXe siècle, des artistes allemands s’élevaient contre les conventions sociales et artistiques. Les expressionnistes allemands ne constituaient pas un mouvement unifié mais deux foyers artistiques, implantés de façon régionale. La Pinacothèque confronte les œuvres de Die Brücke et du Blaue Reiter, dans leur diversité et leurs convergences (jusqu’au 11 mars 2012)

Les expressionnistes veulent s’éloigner du réalisme et de l’impressionnisme pour soumettre la réalité à la subjectivité de l’artiste. Marqués par Van Gogh, Gauguin ou Munch, contemporains des fauves, ils utilisent des couleurs outrées et contrastées, des traits déformés.

Die Brücke privilégie une expression instinctive
Le premier groupe, die Brücke (le pont), se constitue à partir de 1905, autour d’Ernst Ludwig Kirchner, puis Emil Nolde, qui quittera rapidement le groupe. Comme Karl Schmidt-Rottluff, Kirchner est marqué par l’art africain. Nolde utilise les couleurs de façon particulièrement violente, que ce soient sur des sujets sombres ou dans des explosions florales.

Brücke est sensible aux tensions sociales de son époque et met en question les valeurs bourgeoises autant que l’académisme en art. En témoignent les peintures d’Erich Heckel, sur les blessés de guerre, par exemple.

Ernst Ludwig Kirchner, Jeunes filles à Fehmarn (Deux jeunes filles nues), c.1913-1920, Wilhelm Lehmbruck Museum, Duisburg

Ernst Ludwig Kirchner, Jeunes filles à Fehmarn (Deux jeunes filles nues), c.1913-1920, Wilhelm Lehmbruck Museum, Duisburg

© photo : Britta Lauer

Der Blaue Reiter, un mouvement plus intellectuel
Der Blaue Reiter (le cavalier bleu) se forme quelques années plus tard à Munich puis Berlin à l’initiative du russe Vassily Kandinsky. Le mouvement est plus « intellectuel » que Die Brücke : il théorise sa recherche et publie des livres.

L’exposition de la Pinacothèque présente côte à côte les œuvres de tous ces artistes, pour en montrer les différences et les convergences.

Les peintres de Brücke privilégient la sensibilité et l’émotion, s’exprimant toujours de façon instinctive, et ils resteront toujours figuratifs. Ceux du Blaue Reiter ont une approche plus cérébrale qui mènera à l’abstraction.

Des convergences au-delà des différences
Mais les deux groupes ne se sont jamais opposés et s’imbriquent parfois. On peut rapprocher les couleurs hyper-expressives de Nolde de celles du russe Alexej von Jawlensky. Le trait de Marianne von Werfkin, très marquée par Munch, est extrêmement expressif. Les nus d’August Macke sont très sensuels. Les deux groupes explorent d’ailleurs des thèmes communs comme le nu, le bestiaire. Et il est parfois difficile de deviner à quel groupe appartient un des peintres.

La guerre de 1914-18 sera un premier coup porté aux expressionnistes allemands, qui seront classés par les nazis dans les « artistes dégénérés ».

A noter qu’une exposition sera consacrée à Die Brücke au musée de Grenoble du 31 mars au 17 juin 2012.

Expressionismus & Expressionismi, Berlin-Munich 1905-1920, Pinacothèque de Paris, 28 place de la Madeleine, 75008 Paris, 01-42-68-02-01
Tous les jours de 10h30 à 18h30, jusqu’à 21h les mercredis et les vendredis
Tarifs : 10€ / 8€
Jusqu’au 11 mars 2012