Disparition du peintre franco-chinois Zao Wou-Ki

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 09/04/2013 à 19H16
Zao Wou-Ki  dans son atelier en 2003

Zao Wou-Ki  dans son atelier en 2003

© François Guillot/AFP

Le peintre franco-chinois Zao Wou-Ki, l'un des maîtres de l'abstraction lyrique, est mort mardi en Suisse à l'âge de 93 ans, a annoncé à l'AFP l'un des avocats de sa femme, Maitre Marc Bonnant. L'artiste était au coeur d'une bataille judiciaire et familiale.

Le peintre, atteint de la maladie d'Alzheimer, avait été hospitalisé à deux reprises depuis la fin mars, a précisé l'avocat de son fils Jia-Ling Zhao, Me Jean-Philippe Hugot, qui a confirmé le décès.
 
Né à Pékin, le peintre est initié très jeune à la calligraphie chinoise. En 1948, il vient s’établir en France, à un moment où l’Occident réinvente l’abstraction et devient un des maîtres de l'abstraction lyrique, au côtéé de Pierre Soulages ou Hans Hartung. Membre de l'Ecole de Paris dans les années cinquante, il se lie d'amitié  avec Henri Michaux, René Char et André Malraux, dont il illustre de nombreux  ouvrages. Il obtient la nationalité française en 1964.

Membre de l'Académie des Beaux-Arts (section peinture) depuis 2002, Zao  Wou-Ki  était internationalement reconnu et cumulait les décorations.
Ses toiles atteignent régulièrement de un à 2,5 millions de dollars aux enchères. L'une d'elles, "Hommage à Tou-Fou" (1956), avait été adjugée à 5,8 millions de dollars en 2008 chez Christie's à Hong Kong.
Le peintre mêle l’eau, la terre dans des visions grandioses. Progressivement, le fond absorbe les éléments, annule la distance entre le dessin et la couleur.
Un visiteur devant "10-3-78" de Zao Wou-Ki

Un visiteur devant "10-3-78" de Zao Wou-Ki

© Mike Clarke/ AFP
Zao Wou-Ki supprime toute allusion au réel. En réalisant des paysages abstraits, il ne titre d’ailleurs plus ses œuvres. 
 Une oeuvre de Zao Wou-Ki

 Une oeuvre de Zao Wou-Ki

© Wong Pun Keung/ AFP
Une bataille judiciaire et familiale
Le peintre était atteint de la maladie d'Alzheimer depuis au moins 2005 et devait être assisté en permanence.

Le sort de Zao Wou-Ki, installé en Suisse depuis l'automne 2011 à l'initiative de sa femme, était au coeur d'une bataille judiciaire et familiale, son fils, né d'un premier mariage, accusant sa belle-mère, Françoise Marquet, d'avoir fait déménager l'artiste en Suisse pour mettre la main sur une oeuvre inestimable.

Son fils a expliqué que son père était attaché à la France et qu'il n'avait jamais exprimé le désir de quitter son pays. Il avait obtenu récemment en France et en Suisse la nomination de tuteurs indépendants de l'épouse du peintre.

Selon Maitre Hugot, une décision a été prise mardi, contre l'avis de son fils mais avec l'accord de son épouse, d'interrompre les soins et de "laisser mourir" Zao Wou-Ki. Sur ce point, aucune réaction n'a pu être obtenue dans l'immédiat auprès des proches de Mme Marquet.

Le fils avait déposé une plainte à Paris pour abus de faiblesse qui avait été classée. Après le dépôt d'une deuxième plainte, il venait d'obtenir l'ouverture d'une information judiciaire pour abus de confiance, abus de faiblesse, faux et usage de faux, selon son avocat.