Dernières heures pour voir Fra Angelico au Musée Jacquemart-André

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 23/09/2011 à 09H39
  • Fra Angelico, Episodes de la vie de saint Nicolas, vers 1437, tempera et or sur bois, Pinacothèque vaticane, Rome
  • Fra Angelico, Triptyque du Jegement dernier, tempera sur bois, Galerie nationale du Palais Corsini, Rome
  • Fra Angelico: Le Couronnement de la Vierge, 1434-35, tempera sur bois, Galerie des Offices, Florence
  • Fra Angelico, Thébaïde, Galerie des Offices, Florence
  • Paolo Uccello, Saint Georges terrassant le dragon, vers 1440, tempera sur bois, Musée Jacquemart-André, Paris
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  • Fra Angelico, Episodes de la vie de saint Nicolas, vers 1437, tempera et or sur bois, Pinacothèque vaticane, Rome
    Fra Angelico, Episodes de la vie de saint Nicolas, vers 1437, tempera et or sur bois, Pinacothèque vaticane, Rome © 2011. Photo Scala, Florence
  • Fra Angelico, Triptyque du Jegement dernier, tempera sur bois, Galerie nationale du Palais Corsini, Rome
    Fra Angelico, Triptyque du Jegement dernier, tempera sur bois, Galerie nationale du Palais Corsini, Rome © 2011. Photo Scala, Florence
  • Fra Angelico: Le Couronnement de la Vierge, 1434-35, tempera sur bois, Galerie des Offices, Florence
    Fra Angelico: Le Couronnement de la Vierge, 1434-35, tempera sur bois, Galerie des Offices, Florence © 2010. Photo Scala, Florence - courtesy of the Ministero Beni e Att. Culturali
  • Fra Angelico, Thébaïde, Galerie des Offices, Florence
    Fra Angelico, Thébaïde, Galerie des Offices, Florence © 2011. Photo Scala, Florence - courtesy of the Ministero Beni e Att. Culturali
  • Paolo Uccello, Saint Georges terrassant le dragon, vers 1440, tempera sur bois, Musée Jacquemart-André, Paris
    Paolo Uccello, Saint Georges terrassant le dragon, vers 1440, tempera sur bois, Musée Jacquemart-André, Paris © © Studio Sébert Photographes

Le musée Jacquemart-André proposait des ouvertures en nocturne pour les derniers jours de son exposition consacrée à Fra Angelico., qui ferme ses portes lundi 16 janvier. Il est ouvert jusqu'à 21h30 dimanche 15 janvier. La réunion à Paris de 24 oeuvres du grand peintre de la première Renaissance florentine est un évènement à ne pas manquer

Fra Angelico (1400-1455), c'est le peintre des fresques du couvent San Marco à Florence. Un peintre-moine profondément religieux formé dans le contexte du style gothique international qui a su intégrer les principes de la Renaissance naissante comme l'art de la perspective.

Giovanna Damiani, commissaire générale de l'exposition et directrice des musées de Venise, souligne la "double valeur artistique et humaine de Fra Angelico". "Sa peinture est imprégnée de religiosité et il est capable de saisir les innovations picturales", précise-t-elle.

Les oeuvres que l'on peut admirer à Paris viennent pour la plupart des musées italiens, notamment de Florence, dont la Galerie des Offices. Il s'agit de prêts exceptionnels, compte tenu de la fragilité des peintures sur bois, explique Giovanna Damiani.

Au-delà des courants et des époques, Fra Angelico est un artiste exceptionnellement doué, qui nous transporte par son trait et ses couleurs dans un univers magique et réjouissant. A ses côtés sont exposés les artistes qui l'ont marqué, maîtres du gothique international, comme son formateur Lorenzo Monaco. Ou bien Paolo Uccello et Le Scheggia, qui introduisent dans la peinture les principes nouveaux de la perspective.

Un maître de l'enluminure et de la peinture sur bois
L’art de Fra Angelico est multiple. L'exposition s'ouvre sur ses années de formation, avec les enluminures qu'il a réalisées pour des missels ou des livres de chants. Deux grands "Thébaïde", tableaux foisonnants représentant la vie des ermites des débuts de la chrétienté, réalisés par l'artiste à 20 ans, montrent déjà son don pour raconter des histoires. Il n'y a pas encore de souci de perspective. Mais la multitude de tout petits personnages ont chacun des traits ou une posture hyper expressive.

A l’époque de Fra Angelico, la représentation de la Vierge change. La Vierge de majesté, hiératique, assise sur un trône, devient une Vierge d’humilité. Plus humaine, elle doit être plus accessible aux fidèles. Une salle entière est consacrée à cette figure, dont on peut apprécier l’évolution. Le fond d’or qui la rendait irréelle est remplacé par une alcôve, dont la profondeur est soulignée par un rideau. La Vierge regarde l’Enfant, qui s’appuie sur elle ou joue avec elle.

Une salle enfin présente Fra Angelico au sommet de son talent, dans les années 1440-1455, avec des tableaux qui racontent des scènes de la vie des saints et de la Bible. Un « Christ de pitié » est entouré de saints aux volumes très doux et à l’expression recueillie. La richesse et la vivacité des couleurs atteint un summum, la construction est de plus en plus rigoureuse, les personnages, délicatement peints, sont pleins d’expressivité. Pour Giovanna Damiani, la qualité de l’art de Fra Angelico « a été croissante au cours de sa carrière ».

Cette exposition est une occasion unique en France d’apprécier l’art de Fra Angelico, au-delà des quelques œuvres conservées au Louvre.

Fra Angelico et les maîtres de la lumière, Musée Jacquemart-André, 01-45-62-11-59
Tous les jours 10h-18h, nocturne lundi et samedi jusqu’à 21h30
Tarifs : 10 € / 8,5 €
Du 23 septembre 2011 au 16 janvier 2012158 boulevard Haussmann, 75008 Paris