Dado à l’Abbaye d’Auberive: sous les pastels, la violence

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 16/07/2015 à 12H42
Dado, Tryptique d'Hérouval,1972

Dado, Tryptique d'Hérouval,1972

© Fonds de l'abbaye d'Auberive / Dado

L’abbaye d’Auberive rend cet été hommage à Dado. Le centre d’art contemporain de Haute-Marne propose une rétrospective du peintre yougoslave. Plus de 80 oeuvres sont à découvrir.

C’est l’exposition événement de l’abbaye cistercienne d’Auberive. Jusqu’au 27 septembre, ce centre d’art contemporain situé au cœur du plateau de Langres propose au public de découvrir les principales œuvres qui couvrent la carrière de Miodrag Djuric, dit Dado. Un peintre originaire du Monténégro qui fut l’un des plus grands artistes de la seconde moitié du 20ème siècle.
 
Reportage : S.Depierre / O. Mayer / E. Lagrange


80 œuvres emblématiques

Près de 80 œuvres de Dado recouvrent les murs de l’abbaye. Des peintures, des dessins, des collages et des gravures qui ont vu le jour entre 1954 et les années 2000. Certaines de ces oeuvres sont inédites. Le centre d’art contemporain  a fait appel à sa propre collection mais aussi à la galerie parisienne Jaeger Bucher, à la fondation d’art contemporain « La Maison Rouge » ainsi qu’à plusieurs collectionneurs privés pour rassembler ce corpus d’oeuvres emblématiques.

Des oeuvres monumentales et des sculptures

L’exposition présente en particulier trois pièces majeures de 1975, les tryptiques de Narval, de Bowery et de Palikao. Des peintures monumentales qui mesurent chacune près de 2 mètres de haut par 4m50 de long. Installées au rez-de-chaussée, elles côtoient les sculptures de l’artiste.   Des sculptures qui furent réalisées en partie à la suite d’un événement tragique : l’incendie de son atelier en 1988. C’est à partir des débris retrouvés que Dado réalisa ses oeuvres avant de les couler en bronze pour assurer leur pérennité.

Un artiste marqué par les horreurs de la guerre

Dado, Casque obligatoire, 1970, huile sur toile, 210x185

Dado, Casque obligatoire, 1970, huile sur toile, 210x185

© Fonds de l'abbaye d'Auberive / Dado
Dado est né le 4 octobre 1933 au Monténégro (Royaume de Yougoslavie). Après la mort de sa mère en 1944, il est recueilli par son oncle en Slovénie. Il suit des études d’art à Hercerg-Novi puis à Belgrade. Arrivé en France en 1956, il se fait très rapidement remarquer par Jean Dubuffet qui le présente à Daniel Cordier. Celui-ci deviendra alors son principal marchand pendant plusieurs années et participera à la mise en place de sa renommée internationale. Son œuvre est notamment marquée par les atrocités de la seconde guerre mondiale. Des horreurs que Dado a vécu dans son pays occupé par les nazis. Dans la peinture de l'artiste, le corps humain est malmené, les animaux deviennent d’étranges créatures. "Dado a une fascination pour le corps humain, le squelette mais également pour les viscères, le flux sanguin, la lymphe, explique Alexia Volot, commissaire de l’exposition".

De la gravure au collage

Dans les années 1970, Dado s’essaye à la gravure puis au collage. "Il ne va pas hésiter à détruire ses propres grands dessins les plus aboutis pour les découper, les déchirer et les mettre en œuvre sur des collages". Un art qui comme la nature se détruit pour mieux se reconstruire, analyse la commissaire de l’exposition.  A partir des années 2000 jusqu’à sa mort en 2010, Dado se consacrera principalement à la sculpture.
Dado, Les oiseaux d'Irène, 1989, Aquarelle et collage sur papier

Dado, Les oiseaux d'Irène, 1989, Aquarelle et collage sur papier

© Fonds de l'abbaye d'Auberive / Dado

Exposition Dado, jusqu'au 27 septembre 2015