Cornelius Gurlitt, l'octogénaire allemand détenteur du "trésor nazi", est mort

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 06/05/2014 à 17H18
Cornelius Gurlitt, ici en novembre 2013 à Munich

Cornelius Gurlitt, ici en novembre 2013 à Munich

© BABIRAD/SIPA

L'octogénaire allemand Cornelius Gurlitt, chez qui ont été retrouvées plus de 1.400 oeuvres d'art dont certaines volées à des juifs sous le nazisme, est mort, a annoncé le 6 mai son porte-parole.

"Cornelius Gurlitt est mort hier mardi matin", le 6 mai, "dans son appartement de Schwabing (à Munich, sud) en présence de son médecin et d'un infirmier", a déclaré le porte-parole, Stephan Holzinger.  "Après une difficile opération du coeur et un séjour de plusieurs semaines en clinique, il avait souhaité retourner dans son appartement de Schwabing. Là, il y était suivi médicalement jour et nuit ces dernières semaines", a-t-il ajouté.

Il vivait au milieu de toiles de Chagall et de Matisse... spoliées aux juifs

Ce vieillard isolé, vivant dans un appartement munichois au milieu de toiles de maîtres tels que Chagall ou Matisse, avait été propulsé, malgré lui, en novembre dernier, sous les projecteurs des médias du monde entier, après la révélation par la presse de la découverte de son "trésor". L'affaire avait relancé le débat sur la restitution des oeuvres dérobées aux juifs sous le IIIe Reich.

Fraude fiscale

L'affaire avait commencé il y a presque deux ans. Fils de Hildebrand Gurlitt, un marchand d'art au passé trouble sous le IIIe Reich, Cornelius Gurlitt s'était vu confisquer par la justice allemande, dans le cadre d'une enquête pour fraude fiscale, des tableaux ayant appartenu à son père. Parmi ceux-ci, des oeuvres de grands maîtres comme des Picasso, Matisse, Cézanne, Renoir ou Dix.

Une grande partie de ces oeuvres pourrait avoir été soit volée ou extorquée à des familles juives, soit saisie dans les musées comme faisant partie de ce que les nazis classaient dans la catégorie "Art dégénéré".

Déclaration de Washington

Début avril, après avoir un temps tenté de s'opposer à la saisie des tableaux, Cornelius Gurlitt avait finalement conclu un accord avec l'Etat allemand. Dans cet accord, il  s'engageait notamment à respecter la "déclaration de Washington" de 1998, signée par l'Allemagne, dans laquelle 44 Etats s'engageaient à retrouver et restituer l'art volé par les nazis. Il confiait aux autorités allemandes la charge de centraliser les recherches sur les éventuels ayants droit des oeuvres retrouvées chez lui. pour restituer les peintures ayant fait l'objet de spoliations par les nazis, à leurs ayants droit. Les oeuvres devaient cependant être identifiés dans un délai d'un an.