Combas et Kijno : "partition" à quatre mains au château de Vascoeuil

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 30/07/2013 à 16H37
Tableaux réalisés à quatre mains par Kijno et Combas pour la série du "Chemin de croix"

Tableaux réalisés à quatre mains par Kijno et Combas pour la série du "Chemin de croix"

© France 2/ Culturebox

Robert Combas, Ladislas Kijno, deux des plus grands noms de l'art contemporain réunis autour d'une exposition à quatre mains. Jusqu'au 27 octobre, le Centre d'Art et d'Histoire du château de Vascoeuil dans l'Eure accueille une exposition-miroir de deux artistes aux univers picturaux bien différents qui ont décidé de mettre leur talent en commun, mélangeant abstraction et figuration libre.

30 ans les séparent. Pourtant, Robert Combas et Ladislas Kijno, décédé en novembre dernier, ont décidé de confronter leurs deux visions de l'art à travers un étonnant travail. Toiles personnelles ou en duo, investis par le même amour de la peinture, ils se sont internourris afin de créer une farandole d'oeuvres sur le thème du corps et du sacré, dont un épatant chemin de croix composé de 14 tableaux. Quand le "peintre philosophe" rencontre le "peintre rocker", le mélange promet d'être explosif. 

Reportage de E. Leconte, S. L'Hôte, B. Delande, M-C. Varin
Regretté Kijno

Le maître de l'abstraction d'origine polonaise Ladislas Kijno, spécialiste de la technique du froissage et de la vaporisation sur toile, a laissé une empreinte durable sur le monde de l'art contemporain. Surnommé "le peintre philosophe", Kijno n'a eu de cesse d'oeuvrer à la construction d'une oeuvre à fort ancrage religieux, responsable de la création en 2003 du Centre d'Art Sacré contemporain de Lille en 2003. "Je suis un moine de l'art", confie-t-il d'ailleurs en 1991 à Jean-Pierre Thiollet. Proche de Louis Aragon, son oeuvre est marquée par une relation étroite avec la poésie et se fait aussi l'écho de ses nombreux voyages, en particulier en Asie. 
Une des peintures de la série des bouddhas par Kijno

Une des peintures de la série des bouddhas par Kijno

© France2/Culturebox
Combas et la figuration libre

Quant à Robert Combas, il est l'un des principaux acteurs du renouveau de l'art contemporain à l'aube des années 80, en rupture avec l'art conceptuel des années 60 et 70.  Cette forme toute particuliaire, empruntant autant à la publicité qu'à Picasso ou Miro prendra bientôt le nom de "figuration libre", sous l'impulsiond e l'artiste Ben. Au plus proche des préoccupations de la société contemporaine (violence, sexualité, étude de l'individu entre souffrance et bonheur...), le peintre s'est gavé de culture pop pour penser un art accessible à tous, dans la lignée de Keith Haring ou d'Andy Wahrol, sans se sentir prisonnier d'aucun format ou technique. En perpétuelle expérimentation, son oeuvre oblige à prendre en compte des composantes généralement méprisées par le monde de l'art comme les dessins d'enfants (d'où un relatif retour à une forme d'art primitive), les bandes-dessinées ou encore la musique rock. Ne se rangeant dans aucune case, l'artiste, souvent un brin provocateur, aime à définir sa peinture comme "du rock, une recherche de feeling". 
Peinture de Robert Combas

Peinture de Robert Combas

© France2/Culturebox
Avec cette exposition en partenariat avec Kijno, il prouve aussi qu'on peut revisiter l'un des plus grands "mythes" de l'icônographie populaire occidental en lui donnant un véritable impact. Comme quoi l'art est un éternel recommencement et peut faire réfléchir à notre nature profonde quelque soit sa forme.  

Exposition Kijno / Combas : Peindre à quatre mains
Jusqu'au 27 octobre au Château de Vascoeuil
8 Rue Jules Michelet  27910 Vascœuil

02 35 23 62 35