Charles Camoin, un parcours de lumière au musée Granet

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 21/09/2016 à 10H18
Charles Camoin, Saint-Tropez, voilier blanc dans la baie des Canoubiers, 1939 (Huile sur toile, 60 × 92 cm - Collection particulière © Jean-Louis Losi - ADAGP, Paris 2016

Charles Camoin, Saint-Tropez, voilier blanc dans la baie des Canoubiers, 1939 (Huile sur toile, 60 × 92 cm - Collection particulière © Jean-Louis Losi - ADAGP, Paris 2016

© Jean-Louis Losi - ADAGP, Paris 2016

Peintre marseillais associé au fauvisme, Charles Camoin est à l’honneur au musée Granet à Aix-en-Provence où plus de 90 toiles sont présentées jusqu’au 2 octobre 2016. L’occasion de découvrir son œuvre, lumineuse et colorée, à travers les amitiés qui ont jalonné son parcours artistique. Parmi elles, Henri Matisse, Albert Marquet, Henri Manguin et Paul Cézanne qu'il côtoya de 1901 à 1906.

Né à Marseille en 1879, Charles Camoin est mort en 1965, à l'âge de 86 ans. Jusqu’au bout ou presque la peinture a fait partie de sa vie. Sa production compte ainsi plus de 2000 œuvres. C’est donc une petite partie de cet ensemble que le public découvre au musée Granet où sont exposés 90 toiles et 40 dessins.
Charles Camoin sur le bateau de Poiret, 1932 

Charles Camoin sur le bateau de Poiret, 1932 

© Archives Camoin
L’exposition est organisée en grands chapitres qui racontent les grandes étapes et rencontres de la vie de Charles Camoin : l’atelier de Gustave Moreau et le groupe Matisse, son amitié avec Cézanne, le Fauvisme, la Corse et sa rencontre avec la peintre Emilie Charmy, Tanger et la guerre de 14-18 et enfin le retour vers la lumière de son Midi natal et de la côte d’Azur.

Reportage : France 3 Provence-Alpes J. Bertolotti / F. Di Cesare / E. Besnard

Des rencontres essentielles

Charles Camoin est considéré comme le plus impressionniste des Fauves, celui qui réalisa le mieux la synthèse entre l’Impressionnisme, avec l’influence directe de Renoir (qu’il rencontra en 1918) et le Fauvisme, mouvement auquel il appartient avec ses amis rencontrés aux Beaux-arts de Paris, dans l’atelier de Gustave Moreau : Henri Manguin, Albert Marquet et Henri Matisse.

Charles Camoin (1879-1965), Jeune Créole, 1904 (huile sur carton, 39 x 27 cm) - Le Havre, Musée d’art moderne André Malraux

Charles Camoin (1879-1965), Jeune Créole, 1904 (huile sur carton, 39 x 27 cm) - Le Havre, Musée d’art moderne André Malraux

© Florian Kleinefenn - ADAGP, Paris 2016

Cézanne, le "maître en art"

L'autre rencontre qui a marqué profondément Camoin, tant sur le plan humain qu'artistique, c'est Paul Cézanne, son "maître en art". La preuve avec ces mots : "L’Italie, la patrie des grandissimes de la peinture. A part Cézanne, on n’a pas fait mieux après eux", écrivait Charles Camoin en 1955. Il avait alors 75 ans et son admiration pour Cézanne était intacte.

Un demi-siècle plus tôt, alors qu'’il était de passage à Aix-en Provence dans le cadre de son service militaire, Charles Camoin avait osé se rendre chez Paul Cézanne, pourtant réputé pour son caractère ombrageux. Mais le peintre, plutôt bienveillant  avec les jeunes artistes, s'était pris d’amitié pour le jeune homme. Une amitié qui commença en 1901 et s’acheva en 1906 avec la mort de Cézanne. L'exposition présente d'ailleurs pour la toute première fois la correspondance entre les deux artistes.