Chagall dans tous ses états à la Piscine de Roubaix

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 12/10/2012 à 20H01
A Roubaix, un travail de Chagall pour le rideau de scène de "L'Oiseau de Feu" de Stravinsky en 1945.

A Roubaix, un travail de Chagall pour le rideau de scène de "L'Oiseau de Feu" de Stravinsky en 1945.

© Philippe Huguen / AFP

Cinq ans après une exposition marquante sur les céramiques de Marc Chagall, la Piscine de Roubaix propose à partir du 13 octobre un panorama de tous les registres de son oeuvre en mettant l'accent sur ses aspects moins connus : sculptures, collages, dessins et projets décoratifs ou scéniques. Avec cette exposition de plus de 200 pièces baptisée "L'épaisseur des rêves", le musée souhaite mettre en lumière la question du volume chez le peintre.

Un résumé complet de l'oeuvre de Chagall
"On a là le résumé le plus exhaustif de toute l'oeuvre de Chagall - en dehors des vitraux - depuis l'exposition du Grand Palais de Paris (1969-70)", estime Meret Meyer, sa petite-fille. Après l'essai réussi de leur collaboration avec La Piscine pour l'exposition "Chagall et la céramique" en 2007-2008, lMeret et sa soeur Bella ont collaboré étroitement à la nouvelle. 

Le conservateur de la Piscine, Bruno Gaudichon, a fait valoir que si "les sculptures sont venues tardivement dans l'oeuvre de Chagall (fin des années 40), le relief a été présent très tôt quand, en 1918 il contribuait à décorer sa ville de Vitebsk (Belarus actuel) ou à créer en 1920 les décors du Théâtre d'art juif de Moscou".

Meret Meyer et sa soeur Bella devant "Double portrait au verre de vin" de Marc Chagall.

Meret Meyer et sa soeur Bella devant "Double portrait au verre de vin" de Marc Chagall.

© Philippe Huguen / AFP

Sculptures et dessins en noir et blanc
L'exposition présente pour la première fois l'ensemble complet de ses dessins noir et blanc et de ses collages : grâce à un traitement particulier du papier, le relief est aussi présent pour les premiers que pour les seconds.

Le contingent de sculptures est très riche avec des matériaux divers ("Femme au bain" en terre cuite, "Femme au poisson" en marbre, "bête fantastique" en bronze), alors que l'influence de Gauguin est sensible pour ses vases.

L'exposition met en relief les correspondances entre sculptures et peintures. Ainsi le saisissant tableau "Le cimetière" de 1917 fait face à une série de stèles en pierre où la vie est pourtant très présente ("Amoureux au bouquet").

Une sculpture de papier de Marc Chagall pour la ballet "Aleko".

Une sculpture de papier de Marc Chagall pour la ballet "Aleko".

© Philippe Huguen / AFP

Toiles de collections particulières et costumes pour ballets
Parmi les chefs d'oeuvre de peinture présentés, où le volume est très sensible, beaucoup proviennent de collections particulières : "Le nu rouge relevé", "Couple et violoniste", "Paris entre deux rives", "Le quai de Bercy", "Nu mauve". C'est toutefois la belle pièce du Centre Pompidou "Double portrait au verre de vin", qui ouvre l'exposition.

Une partie assez spectaculaire de l'exposition est constituée par une mise en scène des costumes que Chagall avait créés pour le ballet "Aleko" présenté à Mexico en 1942. Les dessins de ces costumes sont alimentés par l'imaginaire juif russe mais aussi quelques influences mexicaines. Ils ont été conservés dans un entrepôt avant d'être exhumés à Mexico en 1991. Chagall fit la même chose pour la création du ballet "L'oiseau de feu" de Stravinsky à New York : là, ce sont les études qui ont été conservées.

Mort à 97 ans, Chagall "aimait la vie sous toutes ses formes, la nature, les matières, les couleurs. Les techniques étaient uniquement pour lui un moyen d'approcher le langage du vrai", souligne Bella Meyer.

Marc Chagall, "L'Epaisseur des Rêves"
Du 13 octobre 2012 au 13 janvier 2013
Piscine de Roubaix