Caen récupère un tableau volé il y a 90 ans

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 30/04/2012 à 13H59
Marie-Gabrielle Capet, "Portrait du sculpteur Jean-Antoine Houdon travaillant au buste de Voltaire", 1800

Marie-Gabrielle Capet, "Portrait du sculpteur Jean-Antoine Houdon travaillant au buste de Voltaire", 1800

© Musée des Beaux-Arts de Caen

Un tableau volé il y a 90 ans a réintégré jeudi la collection permanente du Musée des Beaux-Arts de Caen, a annoncé son directeur Pierre Ramade. L’œuvre avait été repérée lors d’une vente aux enchères par un particulier

Le « Portrait du sculpteur Jean-Antoine Houdon travaillant au buste de Voltaire » a été peint par Marie-Gabrielle Capet en 1800. Cette miniature sur ivoire est considérée comme le chef-d’œuvre d’une des « meilleures miniaturistes de l’époque », selon Pierre Ramade.

L'oeuvre présente l'intérêt d'avoir été réalisée entièrement sur feuille d'ivoire, ce qui est "assez exceptionnel", selon lui. Le plus souvent, seuls les visages étaient réalisés sur ce support qui était alors associé à un autre pour le reste du personnage.

Le tableau, de 17,2 x 13,2 cm, évalué à "quelques dizaines de milliers d'euros", avait été légué en 1894 au musée où il a été volé trente ans plus tard.

Aucune trace du tableau n’avait été retrouvée du tableau jusqu’à janvier. Le 24 janvier, à l’Hôtel Drouot, un particulier reconnaît « le tableau signalé comme volé dans un ouvrage de 1934 qu’il possède », raconte le directeur du musée.

Le tableau va être exposé au musée avant d'être restauré
Le vendeur et propriétaire du portrait de Jean-Antoine Houdon en avait hérité et l’avait toujours connu dans sa famille. Il l’a restitué au musée. "La loi ne laisse pas tellement le choix. On ne peut pas se porter acquéreur d'une oeuvre qui appartient à un musée", a ajouté Pierre Ramade.

Le tableau est en bon état. Il sera exposé au Musée des Beaux-Arts de Caen jusqu’à l’automne mais sera retiré ensuite pour quelques mois car il « a besoin de quelques restaurations ».

Aucune enquête n’a été ouverte compte tenu de la prescription. L’oeuvre avait été volée le 6 décembre 1925. « C’était sans doute la plus facile à voler en raison de sa taille », fait remarquer le directeur du musée. "Le vol a été commis vers quatre heure de l'après-midi (...) Le cadre de petite dimension a pu être décroché très facilement et dissimulé sous un  pardessus", écrivait à l'époque le journal Ouest-Eclair.