Bernard Dufour, peintre de la femme, est mort

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 23/07/2016 à 20H01
Oeuvre de Bernard Dufour

Oeuvre de Bernard Dufour

© DR

Sa main en train de dessiner a été immortalisée par le film "La Belle Noiseuse" de Jacques Rivette: le peintre et photographe Bernard Dufour, connu pour ses représentations très "sexuées" de la femme, est mort à l'âge de 93 ans.

Bernard Dufour est décédé de "mort naturelle" dans "la nuit de jeudi à vendredi" chez lui, au Mas de Pradié, à Foissac (Aveyron), où il s'était retiré au milieu des années 1970, a indiqué à l'AFP son fils Philippe Dufour, confirmant une information du Monde.

Né le 21 novembre 1922 à Paris dans l'atelier de son père, également peintre, il était ingénieur agronome de formation. Mais il abandonnera rapidement son métier d'ingénieur pour devenir artiste à plein-temps dans les années 1950 après avoir été remarqué - et engagé - par le galeriste Pierre Loeb.

La représentation du sexe

Ses premières toiles sont abstraites mais il va rapidement s'orienter vers la figuration, signant notamment de nombreux autoportraits et des femmes nues, présentées dans des versions particulièrement "sexuées" qui vont parfois susciter l'incompréhension. Il a d'ailleurs écrit sur la représentation du sexe dans son art en 2005 avec l'ouvrage "La Figure du sexe. De Cro-Magnon à moi".

Le peintre, qui s'est également rapidement mis à la photographie, a notamment exposé en 1964 puis régulièrement à la Galerie Beaubourg, dirigée par Marianne et Pierre Nahon.

Sa main immortalisée dans "La Belle Noiseuse"

Pour les cinéphiles, il restera "la main du peintre" doublant Michel Piccoli pour les scènes où il est en train de peindre Emmanuelle Béart dans "La Belle Noiseuse", sorti en 1991. Certaines de ses oeuvres sont visibles depuis quelques années au musée d'Art moderne de la Ville de Paris, indique sa famille.

Ami des écrivains Denis Roche, Pierre Guyotat et Claude Ollier, Bernard Dufour était également écrivain et critique d'art, auteur d'une quinzaine d'ouvrages, dont "L'Oranger des Osages" (1990) ou "Mes modèles, femmes nues à l'atelier" (2001).