Basquiat et ses nombreux horizons au Guggenheim de Bilbao

Par @valerieoddos Journaliste, responsable de la rubrique Expositions de Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 06/07/2015 à 12H44
"Sans titre", de Jean Michel Basquiat, au musée Guggenheim de Bilbao (2 juillet 2015)

"Sans titre", de Jean Michel Basquiat, au musée Guggenheim de Bilbao (2 juillet 2015)

© Luis Tejido / EPA / Newscom / MAXPPP

Le Musée Guggenheim de Bilbao expose pour quatre mois Jean Michel Basquiat, autour des thématiques de l'œuvre de l'artiste américain d'origine haïtienne, météore de l'art contemporain devenu une icône.

L'exposition du Guggenheim de Bilbao explore l'univers urbain de Jean Michel Basquiat,  sa vision de l'histoire du mouvement pour les droits civils américains, celle des hommes noirs et de la négritude, sa lutte contre le racisme, ses héros, musiciens ou boxeurs ou encore sa grande amitié et sa collaboration avec Andy Warhol.
 
Les commissaires autrichien Dieter Buchhart et Espagnol Alvaro Rodriguez Fominaya ont tenté de montrer les sources d'inspiration de Basquiat, un artiste qui a travaillé dans la rue avant d'intégrer dans son travail le graffiti, utilisant des symboles récurrents comme la signature SAMO (same old shit, toujours la même merde), la couronne à trois pointes qui sert à glorifier ses héros, des musiciens, des boxeurs, des écrivains, souvent noirs.
Autoportrait de Jean Michel Basquiat au Guggenheim de Bilbao (2 juillet 2015)

Autoportrait de Jean Michel Basquiat au Guggenheim de Bilbao (2 juillet 2015)

© Luis Tejido / (EPA) EFE / Newscom / MaxPPP


Des références à l'histoire de l'art et au jazz   

Après plusieurs expositions monographiques, à Bâle, Paris, ou Brooklyn "il était temps d'explorer vraiment le contenu de son travail, ce qu'il cherchait à dire, ce qu'il pensait", a expliqué à la revue Canadian Art Dieter Buchhart, spécialiste qui avait également supervisé avec Marie-Sophie Carron la grande rétrospective de la Fondation Beyeler de Bâle, ensuite accrochée au Musée d'art moderne de la ville de Paris (2010).
 
Un peintre subversif fauché à l'âge de 27 ans, auréolé de gloire en moins de dix ans, mais aussi le fils d'une famille de classe moyenne de Brooklyn qui s'instruisait sur l'art, encouragé par sa mère, portoricaine et graphiste, qui l'entrainait dans les musées. 
              
"L'exposition montre un artiste qui a beaucoup de références, pas seulement le hip hop, le graffiti mais aussi l'histoire de l'art et le jazz", explique à  l'AFP Álvaro Rodríguez Fominaya. "J'ai redécouvert Basquiat comme un peintre très conceptuel", ajoute le commissaire.

Des centaines de mots et de signes     

"Il fait des références concrètes à l'histoire de l'art, y compris aux dessins anatomiques de Leonardo da Vinci (...) Ses oeuvres sont comme composées de sédiments, de strates, (…) "à regarder de loin mais aussi de près".
 
"Dans une seule oeuvre il y a des dizaines et parfois des centaines de mots et de signes", ajoute-t-il en soulignant l'importance du langage pour Basquiat, mort en 1988.
              
L'exposition se tient jusqu'au 1er novembre. Le Guggenheim Bilbao y montre aussi les deux toiles qu'il possède, "Moses and the Egyptians" (Moïse et les Egyptiens, 1982) et "Man from Naples" (L'homme de Naples, 1982).
              
"Basquiat est très peu représenté dans les musées. Lorsque ces oeuvres ont été produites elles ont été acquises très vite par des particuliers et maintenant elles ont une valeur si élevée qu'il est presque impossible de les acheter", note Alvaro Rodriguez.
 
Basquiat, c'est le moment, au musée Guggenheim de Bilbao, du 3 juillet au 1er novembre 2015