Avec près de 784.000 visiteurs à Paris, Hopper a fait mieux que Picasso

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 03/02/2013 à 13H08
File d'attente nocturne aux abords du Grand Palais, à Paris, pour le marathon Hopper... (2/2/2013)

File d'attente nocturne aux abords du Grand Palais, à Paris, pour le marathon Hopper... (2/2/2013)

© François Guillot / AFP

Plus précisément : 783.963 visiteurs, selon la Réunion des musées nationaux (RMN). Inaugurée le 10 octobre, la grande rétrospective consacrée au peintre américain Edward Hopper a fermé ses portes dimanche soir après trois jours et deux nuits d'ouverture non stop au Grand Palais à Paris, où des milliers de visiteurs se sont pressés ce week-end, bravant le froid et une longue attente.

L'exposition Hopper devance d'une courte tête "Picasso et les maîtres", qui avait séduit 783.352 visiteurs entre le 8 octobre 2008 et le 2 février 2009. Cette dernière, ouverte un jour de plus, avait également bénéficié d'une opération non stop plus longue (quatre jours, trois nuits).

Pour Hopper, la fréquentation moyenne a été de 7.270 visiteurs par jour, un niveau très élevé, indique la RMN. Le peintre américain reste toutefois loin derrière Claude Monet dont la rétrospective du 22 septembre 2010 au 24 janvier 2011 avait accueilli 913.000 visiteurs à Paris. Il s'agissait de la plus forte fréquentation pour une exposition en France depuis plus de quarante ans. L'ouverture non stop avait duré quatre jours et trois nuits.

Reportage France 3 diffusé samedi 2 février sur le marathon Hopper (P. Brami, Y. Dewulf, R. Carles)
Plus de 47.000 visiteurs pendant le marathon
Accessible sans interruption depuis vendredi, l'exposition Hopper, ouverte depuis octobre, a donc baissé le rideau après un dernier marathon de 62 heures. En trois jours et deux nuits, pas moins de 47.643 visiteurs s'y sont pressés, selon la Réunion des musées nationaux, qui avait déjà organisé des nocturnes complètes pour Picasso en 2009 et Claude Monet en 2011. Les deux nuits ont attiré, à elles seules, 14.263 visiteurs.

Il s'agissait "de favoriser l'accès à la culture. Ça marche pour le cinéma, le spectacle vivant mais pour les beaux-arts, c'est plus compliqué. Une grande exposition comme Hopper et des opérations spectaculaires comme ce marathon permettent d'attirer des gens qui n'ont pas l'habitude de franchir la porte des musées", avait expliqué le président de la RMN-Grand Palais, Jean-Paul Cluzel.

Un concert de jazz et un film
Pour la seconde nuit blanche du "marathon Hopper", de samedi à dimanche, un concert de jazz a été proposé aux "oiseaux de nuit" dans l'auditorium du Grand Palais avec le quartet du chanteur Marc Thomas qui, non sans évoquer Frank Sinatra ou Nat King Cole, proposait une illustration musicale adéquate des ambiances de l'oeuvre de Hopper. Dimanche à 12h00, les visiteurs qui avaient réservé en ligne avaient aussi la possibilité d'assister à la projection du long métrage du réalisateur, romancier et acteur néerlandais Alex van Warmerdam "Les Habitants" (1992), qui transpose au cinéma décors et atmosphères des toiles de l'artiste américain.

La première "Nuit Hopper", dans la nuit de vendredi à samedi, a été le théâtre d'un procès parodique du peintre organisé par la Société des culturistes, spécialiste des simulacres judiciaires dans un esprit dadaïste. Edward Hopper y était notamment poursuivi pour "atteinte à la sûreté de la modernité, espionnage de la culture française et collaboration soumise à sa femme", avec comme témoin pour la défense l'écrivain et journaliste Philippe Labro et Didier Ottinger, commissaire de la rétrospective.
Le teaser de l'expo Hopper
Ce dimanche à 23H, le rideau est tombé sur l'expo
Ce dimanche à 23 heures, fin de l'exposition, l'une des plus importantes jamais consacrées au peintre. Elle réunissait 164 oeuvres dont 128 peintures, aquarelles, gravures et illustrations d'Edward Hopper (1882-1967).
Une présentation de Hopper par Didier Ottinger, commissaire de l'exposition (15 octobre 2012)