Alexandre Zinoview : le quotidien de La Grande Guerre en peinture

Par @Culturebox
Publié le 27/05/2017 à 09H46
Tableau d'Alexandre Zinoview

Tableau d'Alexandre Zinoview

© France 3 / Culturebox / capture d'écran

L'artiste russe Alexandre Zinoview (1889-1977) n'est pas un artiste officiel missionné par une armée pour représenter une vision héroïque de la guerre. Engagé volontaire au sein de la Légion étrangère, il n'a jamais laissé ses crayons et ses pinceaux. L'Historial de la Grande Guerre de Péronne (Somme) consacre une exposition à cet artiste. A voir jusqu'au 10 décembre 2017.

Reportage : France 3 Picardie / J. Rey / G. Payen / N. Perrin
Alexandre Zinoview est arrivé à Paris à l'âge de 19 ans en 1908. Il s'installe dans le quartier de Montparnasse et fréquente notamment Picasso, Foujita ou Diego Rivera. Il participe aux Salons et au bouillonnement artistique de l'époque. Mais il a une autre facette. Au service de la police secrète tsariste, il espionne les révolutionnaires russes en exil. Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, il rejoint la Légion étrangère et se retrouve sur le front de Champagne. Il devient soldat mais reste surtout artiste. "Très tôt, il a décidé de documenter sa guerre, raconter l'histoire de cette guerre à travers son œil, un carnet intime, ses ouvres dessinées et peintes", explique Alexandre Sumpf, commissaire de l'exposition à l'Historial de la Grande Guerre de Péronne

Corps déchiquetés, amputés, les gueules cassées

Contrairement aux artistes officiels des régimes, qui glorifient les soldats et les combats, Zinoview explore le quotidien et montre l'horreur. En 1915, les autorités françaises imposent aux Russes mobilisables de combattre sur le front Ouest ou en Russie. On leur propose notamment de rejoindre l'Ambulance Russe, patronnée par l'impératrice Alexandra. Zinoview s'y engage en tant qu'infirmier-interprète. Dans ses dessins et ses peintures, il représente les corps déchiquetés, amputés, les gueules cassées. "Il s'est nourri de son expérience de soldat et de cette confrontation directe à la blessure et à la mort. Ce qui n'est pas fréquent dans l'iconographie de la Première Guerre Mondiale, d’avoir ces représentations assez crues de membres déchirés", explique Cécile Pichon-Bohn, chargée de recherche au CNRS et commissaire de l'exposition.