Albi : réouverture du musée Toulouse-Lautrec

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 01/04/2012 à 18H29
"Au salon de la rue des Moulins" (détail), au musée Toulouse-Lautrec

"Au salon de la rue des Moulins" (détail), au musée Toulouse-Lautrec

© AFP / Nicolas Thibaut / Photononstop

Ce lundi, Albi dévoile au public son nouveau musée Toulouse-Lautrec après plus de dix années de travaux, faisant concorder les murs épais du palais médiéval de la Berbie et la prestigieuse collection albigeoise de l'un des artistes français les plus populaires au monde.

Après 11 années de réfection, de 2001 à 2012, tout en évitant un maximum les fermetures, le musée est parvenu à se "réinventer", selon les termes employés par son conservateur Danièle Devynck.

L'une des priorités a consisté à faire disparaître les bassines, parfois placées sous les combles crevés, de la vétuste forteresse qui fut autrefois la résidence des évêques d'Albi. Autre axe de travaux : concevoir une muséographie digne de la plus grande collection publique, en France comme à l'étranger, dédiée à l'enfant du pays, Henri de Poulouse-Lautrec (1864-1901).

Visite du musée : reportage France 3 (Bousquet/Desse/Raynaud/Auriaux)

Près de 1000 tableaux et dessins
Le musée Toulouse-Lautrec, c'est près d'un millier d'oeuvres du génie qui aimait avoir pour modèles les prostituées, les cabarets et les courses. "Une collection complète, techniquement et thématiquement", selon Danièle Devynck. Elle inclut des premiers dessins tracés pour occuper la convalescence du peintre, descendant consanguin et infirme d'une des plus vieilles familles de France, au fameux "Salon de la rue des moulins", en passant par les lithographies et les affiches d'Aristide Bruant avec leurs travaux préparatoires.

Avant que la cité épiscopale d'Albi, avec l'insigne cathédrale Sainte-Cécile jouxtant le palais de la Berbie, et ses quartiers médiévaux, ne fût inscrite au patrimoine de l'humanité en 2010, c'était le musée Toulouse-Lautrec qui attirait les touristes. Parmi eux, l'empereur et l'impératrice du Japon sont venus souligner en 1994 la renommée, dans leur pays, de celui qu'influença l'estampe japonaise.

Albi a hérité des oeuvres restées dans l'atelier de l'artiste quand il est mort, à 36 ans, en 1901. Sa mère, la comtesse Adèle de Toulouse-Lautrec, voulait que fût perpétuée la mémoire de son fils. Le musée du Luxembourg déclina le legs, considérable. "Beaucoup d'oeuvres sont restées dans l'atelier parce qu'il n'avait pas besoin, financièrement, de les vendre, même s'il voyait dans la vente la reconnaissance de son art", selon le conservateur Devynck.

Le musée Toulouse-Lautrec à Albi (22/09/2011)

Le musée Toulouse-Lautrec à Albi (22/09/2011)

© AFP / Nicolas Thibaut / Photononstop
En 1922, ont été inaugurées les galeries consacrées à Toulouse-Lautrec dans le palais de la Berbie, forteresse de briques unique en son genre édifiée par les seigneurs évêques au XIIIe siècle, symbolisant leur pouvoir temporel au-dessus du Tarn. Avec le temps, sont apparues de graves carences de conservation et de sécurité. Le cabinet Philippe Dubois et associés a obtenu le marché pour repenser le musée.

Un musée dans un magnifique écrin : reportage France 2 (Vergne/ Poulain/Jouffriault)

"Le chantier a permis de redécouvrir l'histoire du bâtiment, il a aussi été l'occasion d'un certain nombre de prouesses techniques, la cour d'honneur a été excavée de 17 m" par exemple pour créer de nouveaux espaces, dit le conservateur. Les travaux ont mis au jour des pavements médiévaux en terre cuite vernissée sans équivalent en Europe. De remarquables plafonds peints de la fin du XVe siècle dans la galerie d'Amboise n'auront pas fini d'être restitués à la réouverture officielle du musée nouvelle ère, ce lundi.



Le parcours redessiné
Le parcours à travers les oeuvres a également été réécrit, selon une approche chronologique et thématique, avec des salles dédiées aux maisons closes, aux stars de la nuit parisienne ou à l'affiche. Ce nouveau cheminement permet de découvrir les acquisitions récentes, comme le dessin "d'Elsa la Viennoise". En effet, le musée, détenteur du droit moral sur l'oeuvre de Toulouse-Lautrec, ne veille pas seulement à la protéger ; il continue à chercher à enrichir son fonds, avec la difficulté d'avoir affaire à l'un des artistes les plus chers du marché, "à l'égal de Van Gogh", selon le conservateur.

Depuis sa réouverture, le musée Toulouse-Lautrec remporte un franc succès auprès des visiteurs. Preuve en images.


Musée Toulouse-Lautrec
Palais de la Berbie
Place Sainte-Cécile
81000 Albi
05 63 49 48 70

ouvert tous les jours du 1er avril au 30 septembre, fermé le mardi le reste de l'année.
Entrée: 8 euros (4 euros pour les étudiants et les groupes; gratuit pour les enfants)