Affaire Picasso : les époux Le Guennec contre-attaquent

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 29/03/2012 à 18H08
Pierre Le Guennec, l'électricien de Picasso est poursuivi avec son épouse pour recel de vol

Pierre Le Guennec, l'électricien de Picasso est poursuivi avec son épouse pour recel de vol

© NICE MATIN / MAXPPP

La défense des Le Guennec, retraités des Alpes-Maritimes soupçonnés d'avoir recelé 271 œuvres de Picasso, a décidé de porter plainte contre la "Picasso Administration", qui gère les droits du peintre, pour "tentative d'escroquerie au jugement".

Selon Me Charles-Etienne Butin, interrogé par Le Figaro, "ce qui est en cause, ce n'est pas l'action en justice, ni la réclamation d'un droit prétendu , c'est la manoeuvre ou la machination qui accompagne la présentation de ce prétendu droit".

La Picasso Administration, dirigée par un des fils de l'artiste, Claude Picasso, est à l'origine de la procédure lancée contre Pierre Le Guennec en  2010.

Cet ancien électricien du peintre avait demandé des certificats d'authenticité pour des oeuvres que le couple Picasso lui aurait données, ce que les enfants du maître contestent, dénonçant un recel de vol.

Les 271 dessins, croquis et toiles retrouvés dans le garage de Pierre Le Guennec sont estimés à 60 millions d'euros.

"La Picasso Administration s'est arrogée le droit, jusqu'en 2043, d'authentifier les oeuvres et leur provenance, tout en ayant un intérêt à dire que leur origine est frauduleuse aux fins de les récupérer. Comment voulez-vous qu'ils soient objectifs? Ils sont juge et partie", a déclarédans Le Figaro Me Gudin, l'avocat des retraités.

"Et pour accuser ses clients de recel, encore faudrait-il prouver le vol préalable et spécifique de leurs 271 oeuvres", a-t-il souligné.

"Selon nous, explique Me Gudin, la ­Picasso Administration utilise tous les moyens, y compris frauduleux, pour convaincre la justice de qualités qu'elle n'a pas, et ce dans le seul but d'obtenir un jugement en sa faveur. D'une part, les héritiers font croire qu'ils possèdent des qualités d'expertise qui leur permettent d'authentifier les œuvres de Picasso, qualités qu'ils n'ont pas ; d'autre part, ils revendiquent des compétences leur permettant de certifier la provenance licite des œuvres, qu'ils n'ont pas plus."

"Ces gens sont venus à la Picasso Administration pour obtenir des certificats d'authenticité et maintenant ils lui dénient cette qualité, c'est  surréaliste", a rétorqué l'avocat de l'institution, Me Jean-Jacques Neuer, dans Le Figaro.

La défense des Le Guennec avait déjà  engagé des actions au civil contre les jugements de 1973-1974 ayant fait des enfants de Picasso, nés hors liens du mariage, ses héritiers.

Le procès des époux Le Guennec devrait avoir lieu avant l'été.