Paris Noir : la capitale dans les pas de Joséphine Baker ou d'Aimé Césaire

Par @Culturebox Rédacteur en chef adjoint de Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 25/08/2015 à 11H06
Joséphine Baker et Chocolat

Joséphine Baker et Chocolat

© France 3 / Culturebox

Voilà une découverte de Paris qui ne manque pas d'originalité. Depuis deux ans, Paris Noir propose une promenade sur les traces des artistes noirs comme Chocolat ou Joséphine Baker qui ont marqué de leur empreinte les nuits parisiennes. Mais c'est aussi l'occasion de rendre hommage à d'illustres hommes de lettres comme Alexandre Dumas ou Aimé Césaire.

C'est bien à une visite originale que nous convie Kévi Donat avec Le Paris Noir. Elle est partie, il y a deux ans d'un constat : la culture relative aux Afro-descendants en France est plutôt méconnue. Et pourtant nombre de figures artistiques venues d'Afrique, des Caraïbes ou des Etats-Unis ont fait vibrer Paris. 

Il fallait penser à ce fil conducteur qui remet par exemple à l'honneur "Chocolat". De son vrai nom, Rafael Padilla, "Chocolat", ancien esclave cubain découvert à Bilbao par le clown Tony Grice, est venu à Paris en 1886. Il s'est fait connaître notamment par le duo qu'il a constitué pendant longtemps avec le clown blanc George Footit. Un duo qui lui vaudra une ceratine notoriété. Pour preuve Toulouse-Lautrec en réalisera une caricature.
caricature du clown Chocolat par Toulouse-Lautrec © DR
Mais après avoir connu la gloire, Chocolat mourra dans la misère à Bordeaux en 1917.

L'icône Baker

C'est 8 ans plus tard qu'une certaine Joséphine Baker débarquera en France  où elle va triompher d'abord en première partie de la "Revue nègre" au Théâtre des Champs-Elysées et faire découvrir, vêtue seulement d'un pagne de bananes, le charleston aux Parisiens. Il faut dire, comme l'explique Kévi Donat, qu'à l'époque il y avait en France "une espèce de négrophilie et les artistes afro-américains en butte à la ségrégation aux Etats-Unis, comprennent qu'il sera peut-être plus facile de percer de ce côté-ci de l'Atlantique"

Reportage: Kelly Pujar, Olivier Badin, Mohamed Chekkoumy, Damien Crenn, Nathalie Gallet

100 ans plus tard, les touristes ont rendez-vous avec Kevi Donat Place du Panthéon. L'occasion d'honorer Alexandre Dumas dont on oublie un peu vite  qu'il était un "quarteron" ayant un quart de sang noir du fait de ses origines haïtiennes. Un peu plus loin, devant le lycée Louis-le-Grand, hommage à Aimé Césaire "panthéonisé"  en 2011 et à Léopold Sédar Senghor qui ont marqué de leur empreinte l'illustre établissement.

De l'Odéon au rôle de "bon sauvage"

Plus loin encore, halte devant le théâtre de l'Odéon. C'est ici que s'est produit le premier grand acteur noir français originaire d'Algérie : Habib Benglia. il sera, dans les années 20, le premier noir a interpréter des rôles du répertoire classique. Et pourtant dès qu'il passera au cinéma on lui demandera de "jouer le noir" comme il le regrettait. Il sera cantonné dans des rôles "exotiques" type le roi des sauvages, le roi de l'Afrique ou le cannibale de service.

Le Paris Noir est donc une belle façon de rendre hommage et justice à ces artistes, écrivains, hommes politiques noirs qui ont enrichi l'histoire de Paris et, au delà, une histoire de France qui ne les met pas souvent dans la lumière.

Le Paris Noir propose trois balades: "La Rive Gauche et les pionniers", "Pigalle et la Goutte d'Or" et "Le Paris Noir"
























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