Netflix confirme son arrivée en France en septembre

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 22/07/2014 à 10H59
Le siège de Netflix à Los Gatos, en Californie.

Le siège de Netflix à Los Gatos, en Californie.

© JUSTIN SULLIVAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

"House of Cards", "Arrested Development", "Orange is the new black"... Ces séries cartonnent dans le monde entier. Pourtant, elles ne sont pas produites par des grandes chaînes de télévision, mais par le service de vidéo à la demande Netflix. Déjà redouté par l'industrie française du cinéma et de la télévision, le service sera disponible depuis la France à partir de septembre prochain.

Alors que les annonces se faisaient de plus en plus claires, Netflix l'a confirmé. Le service américain de vidéo à la demande arrivera bien en France, ainsi que dans cinq autres pays européens, en septembre prochain. "Nous lancerons Netflix en Allemagne, France, Autriche, Suisse, Belgique et au Luxembourg", écrit le groupe dans sa lettre trimestrielle à ses actionnaires.

"Ce lancement sur des marchés comptant plus de 60 millions de ménages avec un accès (internet) à haut débit va augmenter de manière importante notre présence européenne et amener le marché international que nous pouvons toucher à plus de 180 millions de ménages avec un accès haut débit", ajoute le groupe.

En France, les craintes d'une concurrence déloyale

Netflix est un service de diffusion de films et de séries sur internet. Le visionnage en streaming (en direct sur internet, donc non-enregistrable sur l’ordinateur) est illimité en échange d’un abonnement mensuel, qui est actuellement d’environ 7 euros par mois aux Etats-Unis. Le catalogue proposé par Netflix diffère selon les pays dans lesquels il est disponible mais, partout, les films et épisodes de séries sur Netflix se comptent en milliers.

L'arrivée de Netflix soulève beaucoup de questions en France, où les groupes de télévisions sont obligés d'apporter une participation financière à la production dans le pays. Cela crée des inquiétudes à la fois sur le financement du cinéma français, mais aussi sur une potentielle concurrence déloyale de Netflix face aux groupes de télévision existants : le groupe américain est soupçonné de vouloir contourner la législation française en offrant ses services depuis un autre pays européen.
Reed Hastings, PDG de Netflix, lors d'une conférence de presse en janvier 2014.

Reed Hastings, PDG de Netflix, lors d'une conférence de presse en janvier 2014.

© DAVID BECKER / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
"Nous n'essayons pas de contourner quoi que ce soit", a affirmé le directeur général de Netflix, Reed Hastings, lors d'une téléconférence pour les analystes. "Nous cherchons à faire des investissements en France", a-t-il assuré, évoquant la possibilité d'une "grosse production française" qui pourrait aussi être exportée à l'étranger.

"Nous voulons donner aux contenus français une voie pour sortir partout dans le monde", a-t-il encore dit, ajoutant vouloir aussi apporter aux consommateurs français "de la variété comme des émissions télévisées américaines, des choses qui historiquement ont été sous-distribuées" dans le pays.

De nombreux contenus originaux

Netflix avait lancé son premier service de vidéo en streaming en 2007 aux Etats-Unis, mais sa croissance a explosé ces dernières années pour en faire l'un des premiers sites de vidéo en ligne dans le monde. Il a annoncé avoir franchi pour la première fois la barre des 50 millions d'abonnés, avec 50,05 millions d'utilisateurs fin mars répartis entre 40 pays.

La grosse majorité (35,67 millions) reste aux Etats-Unis, mais Netflix est aussi présent en Amérique latine et a beaucoup investi ces dernières années en Europe, où il s'est lancé en 2012 au Royaume-Uni, en Irlande, au Danemark, en Finlande, en Norvège et en Suède, puis en 2013 aux Pays-Bas.
Netflix propose de nombreuses séries télévisées qu'il produit lui-même, comme "House of Cards" ou "Orange is the new black".
Au deuxième trimestre, Netflix a enregistré un bénéfice net de 71 millions de dollars, plus que doublé comparé aux 29,5 millions dégagés un an plus tôt. Son chiffre d'affaires a bondi sur la même période de 25% à 1,34 milliard de dollars. Le groupe met cette performance sur le compte de ses contenus originaux "en constante amélioration", et notamment le lancement ce trimestre de la deuxième saison de sa série en milieu carcéral "Orange is the new black". Cette dernière est devenue "la série la plus regardée dans toutes les régions où Netflix est présent", assure Netflix.