Musique : la Fnac entre dans la course au streaming

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 02/03/2014 à 18H38
Le magasin FNAC du centre commercial Beaugrenelle à Paris

Le magasin FNAC du centre commercial Beaugrenelle à Paris

© ERIC PIERMONT / AFP

La Fnac, premier disquaire de France, lance lundi une offre de musique en streaming par abonnement, espérant profiter de l'essor attendu de la musique en flux, malgré un marché déjà bien encombré.

Alors que le pionnier suédois Spotify, le Français Deezer, mais aussi le plus petit Qobuz, ou des concurrents américains tentent de renforcer leurs parts de marché, la Fnac propose à son tour une offre de streaming (écoute sans téléchargement) en visant les non convertis. Un public sur lequel lorgne également le groupe TF1, qui étudie un projet concurrent, même si aucune décision de lancement n'a officiellement encore été prise.

L'offre "Fnac Jukebox", comprendra deux types d'abonnements: l'un à 2 euros par mois permettra l'écoute illimitée sur ordinateur de 200 titres choisis par le client, le deuxième pour 4,99 euros donnera accès au même service pour l'ensemble du catalogue musical de la Fnac, soit plusieurs millions de titres. Une option supplémentaire, à 5 euros par mois, permettra également d'écouter la musique sur smartphones, tablettes, etc, y compris hors connexion internet.

"Il n'y a pas encore d'offre grand public, beaucoup de gens ne connaissent pas ce mode d'écoute ou font du streaming par hasard", explique à l'AFP Frédérique Giavarini, directrice de la stratégie de la Fnac qui table sur une rapide démocratisation de l'écoute de musique en flux.

La Fnac, qui vend chaque année environ 14 millions de disques, espère convertir au streaming une partie de sa clientèle, et lance une campagne de pub télévisée pour l'occasion. En effet, si plus des deux tiers des Français écoutent de la musique sur internet, il s'agit surtout de vidéos musicales sur Youtube. Seul 8% des Français ont souscrit un abonnement de streaming musical, selon un sondage publié en février à l'occasion du Midem à Cannes. "On veut se positionner à un moment où le marché est en forte croissance, mais encore à ses débuts", souligne Mme Giavarini. -

Futur mode d'écoute dominant

Alors que les ventes de musique physique de la Fnac baissent, le numérique représente désormais 26% du marché global de la musique enregistrée, dont la moitié environ pour le streaming et l'autre moitié pour le téléchargement, selon les chiffres du SNEP.

Et pour la première fois l'an dernier, en France comme aux Etats-Unis, les ventes de musique en téléchargement ont baissé alors que la musique en flux continue à progresser, ce qui signifie pour les experts du secteur que le streaming est appelé à devenir à terme le mode d'écoute dominant. Les revenus du streaming ont gagné 4% en France l'an dernier et touchent 1,4 million d'utilisateurs.

Mais les offres gratuites financées par la publicité ont progressé plus rapidement (+9,6% à 18,2 millions d'euros) que celles du streaming par abonnement (+1,2% à 35,8 millions d'euros). La Fnac a pris le parti-pris du payant, estimant "que l'écoute de musique n'est pas optimale avec de la publicité", selon Mme Giavarini.

Modèle économique fragile

Pourtant, si les acteurs se bousculent pour profiter de l'expansion attendue du streaming, son modèle économique reste fragile et les revenus qu'en tire la filière musicale sont bien moindres que ceux issus des ventes de CD et même des téléchargements. Les principaux acteurs ne sont pas encore rentables après avoir dépensé des dizaines de millions d'euros pour financer leur expansion internationale.

La Fnac avait initialement lancé une offre de téléchargement de musique, FnacMusic, qu'elle a fermée début 2013, et redirige désormais ses acheteurs vers le service iTunes d'Apple. Le distributeur a aussi lancé fin octobre Digicopy, offre permettant à ses clients d'obtenir gratuitement les versions numériques (MP3) des CD et vinyles achetés dans ses magasins ou sur son site internet.

La Fnac, confrontée à la concurrence d'internet sur ses marchés traditionnels (musique, video...), a renoué avec les bénéfices en 2013 grâce à un plan de transformation de son offre commerciale même si ses ventes restent pour l'instant encore en baisse (-3,8%, à 3,9 milliards d'euros).